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06.07.2008
L'Etat français se meurt
Dans tous ces domaines, le gouvernement donne le sentiment d'agir, parfois dans la bonne direction. Pourtant, ses meilleures intentions sont grevées par un choix idéologique originel : celui du modèle économique prévu pour financer les réformes en dépit du déficit public. Sous couvert de "moderniser" l'économie française, la droite au pouvoir a pris le pari ultra-classique de relancer la croissance par la "libération des énergies" et l'augmentation du temps de travail, plus de production et moins de taxes. Ce choix ne tient compte ni de la concurrence des puissances émergentes ni des effets nocifs de la mondialisation. Il n'a su ni anticiper la crise des subprimes ni intégrer l'augmentation vertigineuse du prix du pétrole et des matières premières. Mais revenir sur ce choix serait se désavouer. Alors le gouvernement court après la crise. Il distribue des chèques-cadeaux à certaines catégories ayant voté pour lui, cède à ceux dont il redoute la colère (taxis, routiers, pêcheurs, agriculteurs) et finance ses bons d'achat - distribués sous la forme d'heures supplémentaires défiscalisées - en bradant des pans entiers du secteur public : défense, santé, éducation.
Les yeux rivés sur ses clientèles, comme si l'Etat était une entreprise, cette politique risque sérieusement d'hypothéquer notre avenir pour sauver l'illusion d'agir dans le présent. Une impression que l'on doit à la personnalité et à l'énergie du chef de l'Etat. Mais qui confond dynamisme et interventionnisme. Car derrière l'écran de fumée que constituent l'emphase et la grandeur du verbe, l'Etat se meurt.
Au lieu de démembrer la fonction publique ou de baisser la TVA, une politique réellement volontariste chercherait à reprendre la main sur l'économique via des taxes qui renflouent un peu les caisses de l'Etat et dégraissent un peu celles des multinationales. C'est le seul moyen d'espérer revoir un jour l'Etat - donc la démocratie - redevenir un début d'arbitre face à l'anarchie que constitue la loi du marché. Or pour l'instant, le gouvernement n'imagine ce type de financement qu'au cas par cas, comme pour la télévision publique. C'est-à-dire pour tenter de compenser un déficit de revenus qu'il a lui-même provoqué en annonçant brutalement la fin de la publicité. Outre qu'il a des chances d'être refusé par Bruxelles, un tel modèle économique ne peut pas s'appliquer par secteur, sous peine de rendre ce secteur dépendant d'un financement privé aléatoire. Il ne peut pas non plus s'envisager au seul échelon national, sous peine de soumettre un pays isolé au chantage des grands groupes économiques.
C'est cette dimension européenne qui rend si difficile la tâche de la gauche réformiste, et plus facile celle d'une gauche anticapitaliste moins réaliste. Tant qu'elle n'envisage pas réellement de gouverner, la gauche utopiste peut rêver d'un système qui taxe les profits sans se poser la question de l'Europe, voire accuser Bruxelles de tous les maux. La gauche réformiste, elle, a besoin de proposer une alternative économique crédible, donc européenne. Ce qui la rend dépendante des paralysies et des divisions. Entre ceux qui voulaient dire "oui" pour avancer vers une Europe institutionnelle - donc plus politique - et ceux qui voulaient dire "non" pour protester contre une Europe protégeant à tout prix le libre marché au lieu d'être politique, la divergence n'était que stratégique, mais elle a laissé des traces. Aujourd'hui encore, elle sert de clivage entre ceux qui souhaitent être la gauche du centre et ceux qui rêvent d'être plutôt la droite de la gauche anticapitaliste.
La première option aura du mal à incarner une alternative claire si elle se contente d'annoncer qu'elle accepte l'"économie de marché" ou se définit uniquement comme "libérale". Ces clarifications étaient nécessaires, notamment pour sortir la gauche de vieilles lunes et la réconcilier avec l'individu, mais elles arrivent vingt ans trop tard. Elles auraient dû avoir lieu en 1983, au plus tard sous Jospin. Aujourd'hui, ces annonces donnent le sentiment d'être à contre-temps.
Le temps présent est celui d'une gauche qui dépasse son acceptation de l'économie de marché pour imaginer un moyen de la réguler dans l'intérêt du plus grand nombre. Une autre gauche ne pourrait que conforter l'ascension légitime d'un pôle anticapitaliste autour d'Olivier Besancenot. La droite sarkozyenne s'en frotte les mains. Elle lui voit jouer le rôle de diviseur des voix de gauche, comme le Front national fut celui des voix de droite pendant vingt ans. Sauf qu'Olivier Besancenot n'est pas Le Pen. Chasser sur les terres de la gauche anticapitaliste serait moins indigne que chasser sur celles du Front national. A condition que cette gauche radicale, née d'un rapprochement entre réformistes et révolutionnaires face à la mondialisation, accepte de ne pas céder aux sirènes du populisme anti-Union européenne. Comme d'autres cèdent au populisme anti-immigrés.
20:50 Publié dans Vu dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, refondation, sarkozy, politique, 91
Les députés UMP enterrent les 35 heures pour de bon
Pause week-end pour les députés. L’Assemblée nationale a suspendu dans la nuit de jeudi à vendredi ses débats sur les 35 heures. Les quinze premiers articles, qui reprennent la «position commune» CGT-CFDT-Medef-CGPME sur la représentativité syndicale, ont été adoptés sans donner lieu à de longs affrontements entre droite et gauche. Il n’en a pas été de même des articles suivants, qui sans remettre en cause la durée légale du travail - qui reste à 35 heures - vont permettre aux entreprises de multiplier les heures supplémentaires. Après quatre jours de débats, il ne reste plus grand-chose des lois Aubry de 1998 et 2000.
Le plafond des 220 heures supplémentaires sera porté à 405 heures.
Les entreprises pourront fixer elles-mêmes leur contingent d’heures sup. Seules limites : 10 heures de travail par jour et 48 heures par semaine, soit au total 405 heures supplémentaires par an. Un employeur pourra ainsi dépasser le plafond actuel de 220 heures annuelles sans avoir à justifier de circonstances exceptionnelles auprès de l’inspecteur du travail. L’obligation du repos compensateur disparaît également, remplacée par des «contreparties obligatoires en repos» négociées entreprise par entreprise, avec la possibilité d’avoir des accords moins favorables aux salariés que les conventions collectives.
Le forfait jour examiné lundi.
Les députés ont à peine entamé jeudi soir l’article 17 du projet de loi, qui assouplit le régime des «conventions de forfait». Or, il s’agit là d’un point particulièrement controversé, puisque le calcul forfaitaire du temps de travail ne permet pas de décompter des heures supplémentaires, dont le paiement est majoré de 25 % ou 50 %. Le système du forfait est jusqu’ici réservé aux cadres et aux salariés itinérants, dont les temps de travail journalier peuvent être variables. Le gouvernement souhaite étendre ce régime du forfait à tous les salariés «disposant d’une réelle autonomie dans l’organisation de leur emploi du temps». Une disposition qui, selon la gauche et les syndicats, peut permettre aux employeurs de ne pas payer les heures supplémentaires.
Une bataille d’amendements de pure forme.
Les députés d’opposition, notamment Alain Vidalies (PS), Roland Muzeau (PCF) et Martine Billard (Verts), ont mené contre le projet de loi gouvernemental une classique bataille d’amendements, sans faire d’obstruction. Mais le ministre du Travail Xavier Bertrand et l’UMP n’ont rien accepté des modifications qui auraient pu atténuer la portée du texte. Alain Vidalies a au moins réussi à faire sourire ses collègues en proposant un amendement visant à étendre «jusqu’à fin 2098» la période transitoire retardant l’application de la loi. «2098 sera l’année d’un double anniversaire. Ce sera l’année du centième anniversaire de l’instauration des 35 heures, et ça fera 86 ans que vous serez dans l’opposition !» a argumenté le député des Landes. L’amendement a été repoussé.
19:20 Publié dans Vu dans Libé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, refondation, sarkozy, politique, 91
Les biocarburants coresponsables de la crise alimentaire, selon la Banque mondiale
Le résultat de cette enquête démontre, en effet, que les biocarburants sont responsables de la hausse des prix des denrées alimentaires de 75 % sur la période étudiée, un chiffre très loin des estimations jusqu'ici avancées. Ces résultats vont aussi à l'encontre des affirmations du gouvernement américain selon lesquells les agro-carburants ne contribueraient qu'à une hausse de 3 % des prix des denrées alimentaires.
Cette étude va accentuer la pression sur les gouvernements qui prétendent réduire leurs émissions de gaz a effet de serre et réduire leur dépendance vis-à-vis du pétrole.
UN FAISCEAU DE PHÉNOMÈNES"Sans l'augmentation des biocarburants, les stocks mondiaux de blé et de maïs n'auraient jamais chuté aussi sensiblement et la hausse des prix due à d'autres facteurs aurait été modérée", peut-on lire dans le rapport rendu en avril aux responsables de la Banque mondiale.
La hausse généralisée des prix des denrées alimentaires a plongé depuis le début de l'année plus de cent millions de personnes dans les rues à travers le monde. Selon des experts, cette crise mondiale est le résultat d'un faisceau de phénomènes : sécheresse en Australie, flambée du prix du pétrole, utilisation croissante des terres pour la culture de biocarburants et spéculation sur le marché des matières premières.
La divulgation de ce rapport intervient alors que les chefs d'Etat et de gouvernement des pays industrialisés du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie) se pencheront, du 7 au 9 juillet à Toyako, dans l'île de Hokkaïdo, au Japon, sur cette question de la crise alimentaire, et tenteront d'y apporter une réponse globale.
12:15 Publié dans Vu dans le Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, refondation, sarkozy, politique, 91
J'Aime pas ...
08:40 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, refondation, sarkozy, politique, 91
Supermarchés, non merci !
Christian Jacquiau, économiste et commissaire aux comptes, a publié deux ouvrages sur la grande distribution et le commerce équitable. Il affirme que la grande distribution a un effet désastreux sur la dimension humaine de l'emploi.
L'économiste explique qu'en France la grande distribution s'est développée dans la période d'après-guerre, à une époque où la volonté était de renouveler le pouvoir d'achat. Et pour y arriver, les grandes enseignes ont profité d'arguments économiques pour que les politiques marchent avec elles : elles allaient créer de l'emploi, donc faire consommer les Français, ce qui allait générer la croissance...
Aujourd'hui, seules six centrales d'achat contrôlent l'essentiel des produits de consommation courante distribués dans les grandes surfaces françaises, affirme Christian Jacquiau. Un quasi monopole. Incontournables, les hypermarchés ont un pouvoir non négligeable. A tel point que les plus grands groupes (Wallmart, Carrefour...) accompagnent la mondialisation dans tous les pays du monde, achetant les produits les moins chers possible là où la main d'œuvre est négligeable, et les revendant à bon prix là où les consommateurs sont demandeurs... avec un seul objectif : la rentabilité.
L'Europe, dans sa volonté de développer le libre marché, a ouvert la porte aux dérives des grandes enseignes. Leur pouvoir s'en est trouvé renforcé, et continue à croître. La production est réalisée dans de mauvaises conditions environnementales, et les relations humaines sont totalement détruites. D'autant qu'avec le développement des caisses automatiques et la sous-traitance, l'argument de l'emploi ne tient même plus...
07:25 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, refondation, sarkozy, politique, 91





