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30.06.2008

Que signifie le terme «libéral»?

Libéral, libéralisme... des mots qu'on entend, qu'on lit partout. Mais d'où vient ce terme, et quels sont ses sens, au juste?

Le conflit polysémique propre au terme «libéral» tend à masquer un projet cohérent d'autonomie centrée sur le seul individu au détriment de l'intérêt général. Le libéralisme, considéré comme l'ensemble des doctrines qui tendent à garantir les libertés individuelles dans la société est en cela susceptible d'ambigüité, selon les critères que l'on attache à ces libertés. A ce titre, de la liberté d'expression à la liberté économique, fiscale ou religieuse, être libéral, de nos jours, ne revient-il pas à accepter, malgré la pertinence des Lumières, une définition de l'homme plus proche de l'utilité que de la liberté, de l'individu que du citoyen ?

L'unité du programme libéral : l'individu
Si le terme «libéral» fonde une doctrine arrivée en France au siècle des Lumières, c'est à la Glorious Revolution anglaise de 1688, précédant d'un an la signature par le prince d'Orange du Bill of Rights, qu'il doit son principe politique. S'agissant alors de la naissance du libéralisme comme méthode de rupture avec la monarchie absolue, un déplacement de souveraineté s'opère et marque un renversement radical puisque l'État a à charge désormais de protéger la liberté individuelle. Dès la glorieuse révolution anglaise, la défense de celle-ci prend donc le contre-pied de l'absolutisme monarchique par l'instauration juridique de la liberté d'expression et d'élection, de la presse et du Parlement. Mais l'essentiel, comme le théorise John Locke dans son Second Traité, revient à garantir la propriété privée de la personne, c'est-à-dire des biens et du corps de celle-ci. A ce titre, le libéralisme est politique puisqu'il dresse une théorie du gouvernement, de l'État et de la société civile. Néanmoins, l'État doit n'être pour lui que le garant de l'autonomie individuelle en protégeant la propriété de chacun. Ainsi, la loi est un instrument référé à l'intérêt particulier, bien qu'elle satisfasse cependant les exigences d'un libéralisme philosophique, caractéristique de la pensée des Lumières, en termes de tolérance, de respect d'autrui ou, bien sûr, de paix civile.


 

S'il est clair, par conséquent, que le programme libéral conçoit la politique sur une définition a priori de l'être humain comme un être libre avant d'être citoyen, et propriétaire avant d'être social, il va de soi que son projet s'attache à préserver les droits individuels et la coexistence pacifique pour assurer l'expansion de ses derniers. A ce titre, il n'est pas étonnant que Thomas Jefferson, lecteur d'Harrington et de Locke, ait exigé de l'État la garantie que tous les individus jouissent de leurs droits à la vie, à la sûreté, à la liberté, au bien-être et à la poursuite du bonheur (lire le Préambule de la Déclaration d'Indépendance de 1776). En ce cas, l'État s'en tient à un rôle minimal, préservant ainsi toutes les possibilités qu'un individu peut acquérir pour maximiser son bonheur, dans la paix civile, et l'accroissement de ses libertés par sa propriété. De fait, le libéralisme politique, appuyé par le libéralisme philosophique, déroule la possibilité juridique d'un libéralisme économique non entravé par les institutions, en ce qu'il garantit, dans le cadre de la paix civile et la protection des personnes (droits de l'homme), le progrès matériel par le biais du libre-échange et du commerce.
Ainsi, en tant qu'il constitue un emboîtement de sphères à sphères garantissant nécessairement l'extinction de toute référence à l'intérêt général comme aux valeurs sociales, le programme libéral diffère du républicanisme français en ce qu'il ne se fixe pas la recherche du bien commun (droits du citoyen), mais d'abord et avant tout la satisfaction de la liberté individuelle, ou dynamique objective de l'égoïsme, selon Jean-Claude Michéa (Impasse Adam Smith, p. 64). Sa référence est la société et non le peuple.


 

La liberté avant le libéralisme : les droits de l'homme et du citoyen
A ce titre, un exemple récent est donné par Bertrand Delanoë, dans son livre d'entretiens De l'audace !. Il utilise ainsi la référence des «États-Unis d'Amérique, le pays le plus libéral qui soit» (p.113) pour justifier par les droits de l'homme et la liberté individuelle la mondialisation, la discrimination positive (p.187) et l'adhésion à l'Europe «libérale» (p.44) contre le non français du 29 mai 2005. Pour lui, le libéralisme est à la fois la dignité du peuple tibétain (p.261), John Locke et Montesquieu, les valeurs humanistes et la mondialisation (p.286). De fait se déclare-t-il «libéral et socialiste», oubliant d'abord qu'il peut exister une liberté avant le libéralisme et ensuite un socialisme indépendant du programme libéral.
Jean Jaurès par exemple, expliquait, face aux attaques des libéraux, que la vraie liberté n'est pas dans le libéralisme de la propriété privée mais dans le socialisme de la propriété collective, donc sociale qui intensifie ensuite la liberté individuelle (lire Jean Jaurès, «Socialisme et liberté», in Revue de Paris, 1er décembre 1898).


 

De fait, la tradition républicaine rejoint cette pensée de Jaurès puisqu'elle défend les droits de l'homme et du citoyen. Elle refuse, en cela, de reconnaître la précession et l'hégémonie de l'individu sur le collectif, la Nation, la loi puisque, pour elle, vivre libre ne peut se faire sans la participation première au pacte social. Ainsi, alors que le libéralisme, dans son programme d'ensemble issu de la glorieuse révolution anglaise, limite l'intervention de l'État à la non-domination individuelle (d'où le couple libéral-libertaire favorable aux privatisations), le républicanisme, issu quant à lui de la Rome républicaine, juge la liberté à l'intensité de la citoyenneté, de l'espace public. L'individu vient ensuite, mais le citoyen est premier. Comme le note Claude Nicolet : aux yeux des Romains, restaurer la liberté c'est restaurer la respublica (Le métier de citoyen dans la Rome républicaine, «Libertas», p.434). En ce sens, bénéficier de la liberté d'expression, accroître sa propriété privée et faire du commerce n'est pas, dans la théorie républicaine, vivre libre mais être esclave si l'État dans lequel résident les citoyens n'incite pas à la liberté de penser, ne véhicule plus de lien social, de circulation entre le peuple et ses élus et soumet tout un chacun à la juridiction et au contrôle de quelques puissants auxquels tous sont subordonnés. La liberté, en cela, précède le libéralisme : l'individu n'est jamais libre a priori ou une bonne fois pour toutes. Au contraire, il ne le devient que par la participation aux lois de sa Cité.


 

Le phénomène libéral n'est donc pas, surtout aujourd'hui, synonyme de liberté. Certes, il influença dans la tradition républicaine les constituants français et permit, en cela, un décloisonnement de la société encore inconcevable sous l'Ancien Régime, par une expansion de l'individu alors confisquée. Néanmoins, l'expérience révolutionnaire fut aussi et surtout une expérience citoyenne ne limitant pas le rôle de l'État à l'intérêt particulier ou à la «main invisible» : elle forma un peuple et non une société, des citoyens et non des individus, la liberté et non l'utilité.

Inflation et stagnation, l'équation insoluble des banques centrales

Cela allait mieux, cela va moins bien. Beaucoup moins bien. "Le plus gros de la crise financière est passé", répétaient depuis plusieurs semaines les dirigeants économiques internationaux. Les opérateurs des marchés avaient fini par se laisser convaincre. Peut-être à tort.

Les banques annoncent de nouvelles et massives dépréciations d'actifs. On aimerait croire sur parole le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, quand il explique, comme il l'a fait dans nos colonnes, qu'il ne faut pas craindre une deuxième vague dans la crise des subprimes et que les pertes nouvelles des banques résultent "du fonctionnement normal du cycle économique". Mais on a du mal.

MORAL DES MÉNAGES EN BERNE

 

D'abord, il n'est pas tout à fait exclu que "le fonctionnement normal du cycle économique" ne tourne pas purement et simplement à la catastrophe. On peut déjà observer, par exemple, les dégâts que provoque, sur l'industrie automobile, le double choc de la restriction du crédit et de la flambée des prix du pétrole. Jusqu'où l'économie réelle sera-t-elle contaminée par la crise financière et énergétique ? En retour, comment la santé des banques et la stabilité financière seront-elles affectées par la détérioration de l'environnement économique ? Ne risque-t-on pas d'entrer dans un cercle vicieux, où les difficultés économiques entraîneraient des dégâts financiers... et réciproquement ?

Il n'est pas sûr que le talent - certes immense - des banquiers centraux suffise à éviter le pire, tant l'équation devient complexe à résoudre. Avec, d'un côté, les signes inquiétants de freinage de l'économie, de l'autre, l'aggravation des tensions inflationnistes. Sur le premier point, la preuve la plus nette de la détérioration a été donnée cette semaine par la baisse mondiale du moral des ménages. Celui des Américains s'est dégradé encore plus qu'attendu en juin pour tomber à son plus bas niveau depuis 1980, selon l'enquête mensuelle Reuters-université du Michigan, publiée vendredi 27 juin. Il est revenu à 56,4, contre 59,8 en mai.

Celui des Français n'est pas meilleur. L'indicateur résumé de l'opinion des ménages, mesuré par l'Insee, a reculé de 4 points en données corrigées des variations saisonnières en juin, à - 46, un point bas sans précédent depuis que la série a commencé en janvier 1987.

Du côté des prix, rien ne s'arrange. Au contraire. L'inflation en Allemagne a grimpé à 3,3 % en juin, en glissement annuel, contre 3 % en mai, selon des données provisoires publiées vendredi. Il s'agit du taux le plus élevé depuis décembre 1993. La flambée du prix des hydrocarbures est la principale responsable : selon les régions, le prix du fioul domestique a augmenté en juin, sur un an, de 57,3 % à 69,3 %.

En théorie, ces deux dérapages - décélération de la croissance, accélération des prix - demanderaient, c'est bien le problème, des réponses monétaires diamétralement opposées. Le ralentissement économique exigerait une baisse des taux, la flambée des prix nécessiterait leur relèvement.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a choisi, mercredi, de ne pas choisir. Elle a laissé ses taux inchangés, durci en même temps son discours vis-à-vis de l'inflation tout en exprimant ses craintes sur la croissance.

La Banque centrale européenne (BCE), de son côté, donne l'impression d'avoir clairement tranché. Elle devrait relever d'un quart de point ses taux lors de sa réunion du jeudi 3 juillet. Mais ses dirigeants prennent soin de répéter que ce geste ne signifie pas qu'on est entrés pour autant dans un cycle de resserrement monétaire.

Elle espère que son action sera suffisamment efficace, sur le plan psychologique, pour ne pas avoir à répéter l'opération. Que le fait de taper du poing sur la table suffira à déjouer les anticipations inflationnistes des agents économiques. Alors qu'elle prétend lutter à mort contre l'inflation, on sent la BCE obsédée par le risque d'effondrement économique et financier.

PS : du "discours de la méthode" à la "reconquête du pouvoir"

Les socialistes n'ont pas chômé ce week-end. Après Ségolène Royal, c'était au tour de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, samedi 28 juin, puis des strauss-kahniens , dimanche, de présenter leurs contributions en vue du congrès de Reims, en novembre.

Emmené par Pierre Moscovici, ces derniers ont présenté un texte qui se veut "une vraie force", "un discours de la méthode" pour "proposer un chemin pour gagner en 2012" en évitant trois "écueils" : "présidentialisation du parti, (...) immobilisme et combinaisons". Cette contribution, intitulée "besoin de gauche", se veut un "premier rassemblement" et non un "catalogue", "pas le pré-programme d'un présidentiable", mais veut "proposer une cohérence", a souligné M. Moscovici. Pour le député Arnaud Montebourg, elle est "la feuille de route de la mutation du Parti socialiste".

M. Moscovici, candidat au poste de premier secrétaire, a estimé que le parti devait s'appuyer sur un "triptyque" : la "déclaration de principes", récemment adoptée, une série de "conventions" pour "trancher les grande orientations" et enfin une "primaire" pour choisir le candidat à la présidentielle. Le président francilien Jean-Paul Huchon, les députés Jean-Marie Le Guen, François Pupponi, Gilbert Le Bris ou encore l'eurodéputé Catherine Trautmann ont notamment signé cette contribution.

"RETROUVER LE VOTE DES CLASSES POPULAIRES"

Samedi, c'est l'aile gauche du parti, avec Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, qui a appelé à Paris au "rassemblement" de la gauche pour mener d'ici à 2012 "le combat" contre "tout le travail de casse du modèle social et des libertés mis en œuvre par la droite" et pour "la reconquête du pouvoir". Les deux chefs de file du Nouveau parti socialiste (NPS) ont présenté leur contribution afin de "reprendre le terrain abandonné à la droite, et revenir sur le cycle le plus important, depuis longtemps, de régression sociale et démocratique", selon Benoît Hamon.

Citant la réduction du temps de travail, les retraites, le droit de grève, la rétention de sûreté, la "mise au pas des médias" et le retour dans le commandement intégré de l'OTAN "sans débat parlementaire", le jeune eurodéputé a fustigé la politique de Nicolas Sarkozy. "L'objectif n'est pas d'être à l'aile gauche du parti socialiste, l'objectif c'est que le parti socialiste reste un parti de gauche", a déclaré M. Emmanuelli lors de cette réunion publique à laquelle participaient Laurent Fabius, Marylise Lebranchu et le politologue Emmanuel Todd. Appelant à un "changement de stratégie" pour le parti, M. Hamon a insisté sur l'objectif de "retrouver le vote des classes populaires qui se sont détournées des socialistes provoquant 13 défaites en 15 élections nationales depuis juin 2006 en Europe et trois défaites successives aux élections présidentielles" en France.

Public-Privé

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La BCE va relever ses taux dans l'espoir d'apaiser les tensions sur les prix

La Banque centrale européenne (BCE) s'apprête à remonter son principal taux d'intérêt directeur dans l'espoir de dompter le spectre d'une surchauffe inflationniste, un acte risqué alors que l'économie européenne est en train de flancher.

Son président Jean-Claude Trichet aime à le répéter: "nous n'avons qu'une aiguille à notre compas". Une façon de rappeler que le Traité de Maastricht a confié à l'institution une seule mission prioritaire: la lutte contre l'inflation.

Le siège de la Banque centrale européenne, le 6 juin 2007 à Francfort
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C'est ainsi que le Français va sans doute justifier jeudi le probable relèvement d'un quart de point à 4,25% du principal taux directeur --le taux de refinancement ou "refi"-- qui détermine le coût du crédit pour les particuliers et les entreprises de la zone euro.

Le geste "paraît presque certain et est intégré totalement par les marchés", souligne Stephane Deo, économiste chez UBS (Virt-X: UBSN.VX - actualité) .

Le taux de refinancement se hisserait ainsi à son plus haut niveau depuis sept ans. La BCE n'y a plus touché depuis juin 2007. Elle avait interrompu son cycle de relèvement des taux en septembre, suite à l'effondrement du secteur des crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis ("subprime").

Les gardiens de l'euro ont fait preuve d'une rare franchise concernant leurs intentions, relève Jörg Krämer de la Commerzbank (Xetra: 803200 - actualité) . "Pour conserver sa crédibilité, (la BCE) n'a pas d'autre choix que de faire suivre la parole d'un acte".

Jean-Claude Trichet avait déclaré début juin que le conseil était "en état d'alerte élevé" face au danger d'emballement des prix et qu'une légère hausse de taux était "possible" lors de la réunion du 3 juillet.

Le taux d'inflation a grimpé à un record de 3,7% sur un an en mai dans la zone euro, toujours poussé par le pétrole cher et l'envolée des prix des aliments. En juin, il devrait s'être rapproché un peu plus des 4%.

La hausse des prix, qui mange le pouvoir d'achat des particuliers et freine donc la consommation, est liée à l'augmentation de la demande mondiale gonflée par les besoins croissants des grands pays émergents comme la Chine. La spéculation joue aussi un rôle dans la flambée des prix de l'or noir.

Contre ces chocs, la BCE est impuissante. Mais elle peut faire en sorte, en resserrant les vannes du crédit, d'empêcher autant que possible qu'ils contaminent l'ensemble de l'économie et entraînent un dérapage durable des prix. C'est pourquoi elle enjoint depuis des mois les partenaires sociaux d'éviter de conclure des augmentations de salaires trop élevées, propres selon elle à enclencher une spirale inflationniste.

En allant jusqu'à remonter ses taux, elle pourrait néanmoins s'engager sur un terrain glissant, alors qu'une pléthore d'indicateurs ont récemment annoncé une sévère détérioration de l'économie des Quinze sur tous les fronts, exportations, activité industrielle et consommation.

En Espagne, dont la croissance ralentit rapidement, et en France, des responsables politiques mais aussi des économistes ont émis des doutes sur la la pertinence de remonter les taux.

Fait plus rare, le ministre des Finances allemand Peer Steinbrück aurait lui aussi exprimé des réserves, assure le magazine Der Spiegel.

L'après 3 juillet divise les économistes. Les marchés ont intégré une deuxième hausse à l'automne portant le "refi" à 4,50%. L'inflation va sans doute atteindre les 4% en août, de quoi convaincre la BCE de resserrer encore une fois le loyer de l'argent, en septembre ou octobre, juge Jörg Krämer.

Pour d'autres, la santé défaillante de l'économie, conjuguée à une accalmie attendue sur les prix du brut, sera suffisante pour l'en dissuader.

29.06.2008

France Sarkovision

Le chef de l’Etat veut pouvoir nommer lui-même le président de France Télévisions et annonce la fin de la publicité après 20 heures dès janvier 2009.

La rumeur a fait hier matin le tour du petit monde des médias à la vitesse d’un Sarkozy au galop. Lors de la remise du rapport de la commission Copé à l’Elysée, le président de la République allait annoncer qu’il démettait le président de France Télévisions Patrick de Carolis de ses fonctions. Allons, allons, on est en démocratie tout de même et le temps de l’ORTF où le pouvoir avait une ligne téléphonique directe avec la télé publique est révolu… Et de fait, Nicolas Sarkozy n’a pas confirmé la rumeur. Il a fait mieux : il a annoncé que, désormais, le président de la télé publique serait «nommé par l’exécutif». C’est-à-dire par bibi, Nicolas Sarkozy. Ce même Sarkozy qui, recevant en février l’intersyndicale de France Télévisions, avouait benoîtement que son rêve aurait été d’être directeur des programmes, réalise son fantasme.

Vrai pote. Un ex-directeur de campagne à la direction de TF1 (Laurent Solly), Alain Genestar patron de Paris Match viré pour une une déplaisante, un ami, Jean-Claude Dassier, à la direction de l’info de la Une, laquelle est détenue par un vrai pote, Martin Bouygues, tout comme l’est Bernard Arnault (Les Echos), Vincent Bolloré (Direct 8 et des gratuits), Arnaud Lagardère (le JDD, Paris Match, etc.) et de très gros soupçons d’intervention dans la nomination de Laurence Ferrari à la place de PPDA… Toujours fourré la main dans les affaires des médias, Sarkozy est allé encore plus loin hier : «Les choses doivent être claires, a-t-il martelé, il y a un actionnaire, cet actionnaire nomme le président.» Ça, pour être clair… Même si l’actuel système de nomination par le CSA reflète les majorités présidentielles, là, c’est du jamais vu. La bronca ne s’est pas fait attendre : le «patron [de France Télévisions, ndlr] va être nommé par le pouvoir, et ses financements dépendront chaque année du bon vouloir des gouvernants», a dénoncé le président du Modem François Bayrou. Le député PS Christian Paul a fustigé un «nouveau modèle français, que Poutine et Berlusconi vont pouvoir bientôt envier». Seul garde-fou : le CSA pourra donner son avis et une majorité de députés, si elle est qualifiée, pourra s’y opposer. C’est-à-dire que trois quarts des députés devront être contre le candidat de Sarkozy pour qu’il ne soit pas nommé. Autant dire impossible.

Depuis sa décision du 8 janvier de supprimer la publicité sur France Télévisions, Nicolas Sarkozy n’en fait de toute façon qu’à sa guise. Il l’a encore démontré hier en balayant une bonne partie des préconisations de la commission Copé. Il n’en retient que ce qu’il avait lui-même proposé en janvier : une taxe de 0,9 % sur le chiffre d’affaires des télécoms et des fournisseurs d’accès à Internet et une autre sur la pub des chaînes privées. De même, l’indexation de la redevance que Jean-François Copé s’enorgueillissait d’avoir obtenu de haute lutte : elle n’a même pas été évoquée par Sarkozy hier. Aux syndicats de France Télévisions qu’il recevait un peu plus tôt, il a dit en substance : «D’abord on fait la réforme, ensuite, on en discute.»

De même, l’idée de la commission de ne supprimer la pub qu’à partir du 1er septembre 2009 après 20 heures a été retoquée par Sarkozy : «Pardon, hein, Jean-François, j’veux pas critiquer, mais le téléspectateur est en droit d’exiger un changement tout de suite.» Va donc pour le 1er janvier prochain, Sarkozy a parlé. La suppression totale de la pub est maintenue pour fin 2011.

Porte dérobée. Cette accélération et ces volte-face de Sarkozy ont mis un sale coup au moral des salariés de France Télévisions. L’intersyndicale se déclare ainsi «encore plus en colère» après le discours de Sarkozy : «Toutes les mesures préconisées, tous les chiffres avancés sont remis en cause par Sarkozy. On ne sait plus où on va», se désole Jean-François Téaldi. Après son entrevue avec Sarkozy, l’intersyndicale a été priée de quitter l’Elysée par une porte dérobée avec interdiction de passer par la rue du Faubourg Saint-Honoré où s’amassaient les journalistes. Drôle de méthode. A 16 heures, au moment de la remise du rapport, des banderoles étaient déployées partout en France sur les sites de la télé publique : «Hold-up sur l’audiovisuel public». Les premières victimes du «braco» devraient être les salariés de la régie publicitaire puisque, dès le 1er janvier, une grande partie d’entre eux va se retrouver au chômage technique.

 

Logement social : la région Ile-de-France distribue bons et mauvais points

Présenté lors du comité régional de l'habitat d'Ile-de-France,  un bilan d'étape sur l'efficacité de la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU) pendant la période 2005-2007 révèle que les objectifs de construction de logements sociaux ont été largement dépassés, même si près de 45 % des communes n'ont pas respecté les quotas qui leur avaient été imposés.

Globalement, la loi SRU, qui impose aux communes d'Ile-de-France de plus de 1 500 habitants (3 500 habitants dans le reste de la France) d'avoir 20 % de logements sociaux à l'horizon 2021, est un succès en Ile-de-France, s'est félicité Jean-Luc Laurent (MRC), vice-président du conseil régional chargé du logement. Il souligne que les constructions de logements sociaux entre 2005 et 2007 sont supérieures aux objectifs (35 500 contre 22 525), alors qu'elles étaient en deçà des prévisions entre 2002 et 2004.

NEUILLY-SUR-SEINE, MAUVAIS ÉLÈVE

Pour autant, les responsables régionaux ont noté que 83 communes sur 181 n'avaient pas rempli le quota imposé par la loi SRU. C'est dans les Yvelines que l'on compte le plus de mauvais élèves, avec 28 communes, devant l'Essonne (17), le Val-d'Oise (11), le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne (9). Au niveau des villes, c'est Neuilly-sur-Seine qui remporte la palme du plus mauvais rendement, puisqu'elle n'a construit que 378 logements sociaux sur les 774 demandés. A l'inverse, sa voisine Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) a construit 935 logements sociaux contre 133 demandés. Le Mesnil-le-Roi (Yvelines) obtient la palme du meilleur élève en ayant réalisé son objectif à 6 100 %, avec 61 logements sociaux construits contre 1 demandé.

Cette inefficacité inquiète le comité régional de l'habitat, à tel point que Jean-Luc Laurent a souhaité que l'amende pour non-respect des quotas de constructions soit triplée. Actuellement, l'amende est majorée en fonction de l'écart entre le nombre de logements sociaux effectivement construits et le nombre de logements qui auraient dû l'être. M. Laurent demande, en outre, que l'ensemble des 1 281 communes de la région soient désormais soumises à la loi SRU et que le délai pour atteindre les 20 % de logements sociaux soit avancé à 2010.

Le président de l'OPEP voit le prix du baril atteindre 150 à 170 dollars cet été

Je prévois probablement des prix [du pétrole] compris entre 150 et 170 dollars durant cet été", a déclaré, jeudi 26 juin, Chakib Khelil, le président de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dans un entretien accordé à la chaîne de télévision France 24."Cela va peut-être décliner un peu vers la fin de l'année", a-t-il ajouté. A 8 heures à New York (14 heures à Paris), le prix du baril de pétrole était à 135,98 dollars.

Pour M. Khelil, ce sont la hausse des taux probables de la Banque centrale européenne (BCE) et les menaces contre l'Iran qui vont encore faire monter le cours du brut. "Tout dépendra de la BCE et de la décision qu'elle pourrait prendre de relever les taux de l'euro. (...) Il y a aussi les menaces contre l'Iran ; si elles deviennent encore plus importantes, je pense que le prix du pétrole va continuer d'augmenter durant cet été", a expliqué le président de l'OPEP.

"IL N'Y A PAS DE PROBLÈME D'OFFRE SUR LE MARCHÉ PÉTROLIER"

Interrogé pour savoir si les prix pouvaient monter à 200 dollars, M. Khelil a répondu : "Je ne pense pas", sauf en cas de grave crise sur les marchés pétroliers, tel qu'un arrêt de la production en Iran. Dans ce cas, il juge "possible" que les prix puissent grimper "jusqu'à 200, 300 ou 400 dollars". Selon lui, l'OPEP n'a pas la capacité "de remplacer plus de 3 millions de barils au plus", alors que l'Iran en produit 4 millions. Mais "dans tous les cas de figure, il n'y a pas de problème d'offre sur le marché pétrolier", réaffirme-t-il, considérant qu'"il y a suffisamment de pétrole [dans le monde] pour les cinquante prochaines années". Il promet cependant que "s'il y a une demande réelle sur le marché, l'OPEP prendra les mesures nécessaires pour satisfaire cette demande".

Au sujet de la répercussion du prix du pétrole sur les consommateurs, M. Khelil considère que plafonner la TVA sur les produits pétroliers, comme l'a proposé Nicolas Sarkozy, n'est pas une bonne idée car"il faut garder les prix" élevés. Il propose pour sa part de créer "un système de transfert de rente du Trésor vers les personnes défavorisées ou vers les activités que vous voulez aider".

T'es malade ou koi !

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Copé, l'homme qui voulait passer à la télé

 La suppression de la publicité à la télé lui a fait une pub terrible. Et tout le monde découvre ce Juppé avec le sourire, qui n'aime rien tant qu'occuper les médias. Mais pour y dire quoi, au juste?

Jean-François Copé est aujourd'hui aussi heureux qu'il était malheureux quand il apprit qu'il n'était pas retenu dans le gouvernement Fillon-Sarkozy. Il est plus heureux même, car, jubile-t-il : « Je suis plus présent dans les médias comme président du groupe UMP que lorsque j'étais ministre ». Et Dieu sait pourtant s'il a aimé être ministre (des Relations au Parlement, des Collectivités Locales, du Budget). Dieu n'ignore pas non plus combien il a adoré passer souvent à la radio comme à la télévision. Par plaisir et par calcul : ce fils de médecin est un enfant de la télé. Voilà ce que c'est quand les parents laissent leurs enfants devant la nourrice électronique… Copé est tombé dedans quand il était petit. Il a été saisi par sa magie, son impact : le pouvoir se prend et se garde par l'image. C'est ce qu'il a intuitivement compris et ce que Nicolas Sarkozy lui a confirmé…

Copé, c'est Juppé avec le sourire

Car l'ancien maire de Neuilly, avant de passer à Balladur, a en effet enseigné deux choses lorsqu'il a recruté cet énarque ambitieux dans la cellule de réflexion économique de Jacques Chirac en 1995. D'abord, Sarkozy lui a enseigné l'importance de la « 25e heure », qu'il fallait consacrer à ce que les autres n'avaient pas eu le temps de faire, sortir le chien, acheter des fleurs pour madame, finir un dossier, tous ces petits détails qui font la différence et vous rendent indispensable. Et ensuite, ce médiacteur incomparable lui a démontré la nécessité impérieuse de savoir communiquer.

« La communication, répétait-il dès cette époque, est à la guerre politique ce que l'aviation est à l'offensive, elle permet de nettoyer le terrain. Il faut bombarder large et … se mettre soi-même en avant». L'élu de Meaux qui, tout jeune, avait déjà joué l'Avare et qui, plus tard, récidivera à Bercy au Budget, n'avait pas besoin de beaucoup se faire prier. Il voulait incarner lui aussi la génération couleur après les gaullo-archéos en noir et blanc. Il a travaillé ses réseaux médiatiques, a changé son look, enlevé ses grosses lunettes de scaphandrier, coupé ses cheveux désordonnés, s'est sapé british dans les bleus télé comme ses yeux, et a abandonné la langue de bois, pour la langue boisée teck des hauts plateaux ; une langue bien rabotée, sans écharde, mais avec des sourires et de l'émotion dans les mots et sur les lèvres. Copé, c'est le beau techno sympa, pas seulement compétent, avenant ; un Juppé avec le sourire .

Il faut dire qu'il s'est sacrément rôdé comme porte-parole des gouvernements Raffarin 1 et Raffarin 2 puis Villepin. Il avait pris la tête au carré, enfin au rectangle. Dès qu'on ouvrait la porte, hop !, il vous sautait aux yeux tel un diable à ressorts. Il a même fallu le calmer. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, lui a enjoint de ne pas participer à la première émission de télé-réalité qui aurait mis en scène les hommes politiques au quotidien. « On ne va tout de même pas nous filmer en pyjama », avait intimé l'ancien chef du gouvernement. « Copé, disait-on alors à Matignon, serait prêt à se montrer en string ». C'était exagéré, enfin un peu. Le député de Meaux considérait alors qu'il lui fallait combler à grandes pelletées-télé son déficit de notoriété. D'où son angoisse de ne plus figurer dans le gouvernement alors que son rival, Xavier Bertrand, y décrochait un bon poste (Travail et Solidarité) et sa joie ensuite d'avoir retrouvé une place de choix sur la scène médiatique grâce à sa gestion « simili rebelle », comme il y a du simili cuir, du groupe UMP.

Copé, roi du renvoi d'ascenseur
« L'Aiglon de Meaux » a pris son envol sur le mécontentement des députés qui en ont marre d'être traités comme quantité négligeable. Il leur apporte de la considération et de la surface médiatique, ce dont ils rêvent eux aussi. C'est le système « Copé et Combaluzier » : tout renvoi d'ascenseur pour les plateaux-télé. Avec lui, sur les OGM, sur la réforme constitutionnelle etc., vous êtes sûr d'avoir droit à vos deux minutes de J.T. Et il allait donc de soi qu'il prenne la tête de « la commission télé, commission Copé ».

La suppression de la publicité, c'était encore le meilleur moyen de faire sa publicité. Car il en a besoin encore, même s'il a gagné plusieurs longueurs récemment dans la cote de popularité. Mais si sa tête commence à dire quelque chose, oui ce n'est pas Juppé ni Fabius, on ne sait pas qui il est vraiment. Un libéral social, mais qui se différencie en quoi de Sarkozy, alors que son credo, encore mis en exergue sur son site, est celui de la « réussite », pourtant préemptée par le président.

A force d'avoir porté la parole des autres en expliquant qu'elle était d'or alors qu'elle s'est révélée toc, on ne sait pas vraiment ce qu'il dit, à quoi il croit. Marie-Louise de Chirac, porte-flingue de Juppé, porte-parole de Raffarin puis de Villepin, que porte-il en lui ? Ce garçon, si compétent en tout et qui a réponse à tout, ne s'est jamais posé en s'opposant. Il a le temps, certes, puisqu'il n'a que 44 printemps et nous a donné rendez-vous pour 2017. Mais, s'il le faut, il se présentera à l'Elysée avant. Ça fait plus de trois décennies qu'il se prépare. Car il avait 10 ans quand il a juré, qu'un jour, il deviendrait président de la République … et de la télé !

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