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30.06.2008
Que signifie le terme «libéral»?
Libéral, libéralisme... des mots qu'on entend, qu'on lit partout. Mais d'où vient ce terme, et quels sont ses sens, au juste?
L'unité du programme libéral : l'individu
Si le terme «libéral» fonde une doctrine arrivée en France au siècle des Lumières, c'est à la Glorious Revolution anglaise de 1688, précédant d'un an la signature par le prince d'Orange du Bill of Rights, qu'il doit son principe politique. S'agissant alors de la naissance du libéralisme comme méthode de rupture avec la monarchie absolue, un déplacement de souveraineté s'opère et marque un renversement radical puisque l'État a à charge désormais de protéger la liberté individuelle. Dès la glorieuse révolution anglaise, la défense de celle-ci prend donc le contre-pied de l'absolutisme monarchique par l'instauration juridique de la liberté d'expression et d'élection, de la presse et du Parlement. Mais l'essentiel, comme le théorise John Locke dans son Second Traité, revient à garantir la propriété privée de la personne, c'est-à-dire des biens et du corps de celle-ci. A ce titre, le libéralisme est politique puisqu'il dresse une théorie du gouvernement, de l'État et de la société civile. Néanmoins, l'État doit n'être pour lui que le garant de l'autonomie individuelle en protégeant la propriété de chacun. Ainsi, la loi est un instrument référé à l'intérêt particulier, bien qu'elle satisfasse cependant les exigences d'un libéralisme philosophique, caractéristique de la pensée des Lumières, en termes de tolérance, de respect d'autrui ou, bien sûr, de paix civile.
Ainsi, en tant qu'il constitue un emboîtement de sphères à sphères garantissant nécessairement l'extinction de toute référence à l'intérêt général comme aux valeurs sociales, le programme libéral diffère du républicanisme français en ce qu'il ne se fixe pas la recherche du bien commun (droits du citoyen), mais d'abord et avant tout la satisfaction de la liberté individuelle, ou dynamique objective de l'égoïsme, selon Jean-Claude Michéa (Impasse Adam Smith, p. 64). Sa référence est la société et non le peuple.
A ce titre, un exemple récent est donné par Bertrand Delanoë, dans son livre d'entretiens De l'audace !. Il utilise ainsi la référence des «États-Unis d'Amérique, le pays le plus libéral qui soit» (p.113) pour justifier par les droits de l'homme et la liberté individuelle la mondialisation, la discrimination positive (p.187) et l'adhésion à l'Europe «libérale» (p.44) contre le non français du 29 mai 2005. Pour lui, le libéralisme est à la fois la dignité du peuple tibétain (p.261), John Locke et Montesquieu, les valeurs humanistes et la mondialisation (p.286). De fait se déclare-t-il «libéral et socialiste», oubliant d'abord qu'il peut exister une liberté avant le libéralisme et ensuite un socialisme indépendant du programme libéral.
Jean Jaurès par exemple, expliquait, face aux attaques des libéraux, que la vraie liberté n'est pas dans le libéralisme de la propriété privée mais dans le socialisme de la propriété collective, donc sociale qui intensifie ensuite la liberté individuelle (lire Jean Jaurès, «Socialisme et liberté», in Revue de Paris, 1er décembre 1898).
20:35 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, refondation, sarkozy, politique, 91






Commentaires
très très bon article! Je devrais passer plus souvent sur les blogs de sections du PS, je pensais qu'il ne s'agissait que d'actualité^^
Ecrit par : camille la it girl | 30.06.2008
Ce mot libéral me donne des boutons et il a une connotation de Droite!
Merci pour ce texte et comme le dit Camille :"je devrais passer + souvent sur ce blog.
Ecrit par : pierre | 02.07.2008
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