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17.05.2008

Les députés UMP déterrent la hache de guerre contre le grand sachem Sarkozy

Avec les coups de théâtre de la loi sur les OGM et de la réforme des institutions, de nombreux députés et sénateurs UMP affichent désormais clairement leur résistance à un système sarkozyste qui voudrait les réduire au silence.

Le dernier pow wow des députés UMP a donné le ton : pour défendre leur tribu, il faut déterrer la hache de guerre. Coincés entre le «brejnevien» Devedjian et les sentinelles sarkozystes Xavier Bertrand et Frédéric Lefèbvre au siège du parti, Copé et ses troupes revendiquent leur indépendance et réclament plus de pouvoir pour les parlementaires ainsi qu'une refonte d'un parti de conquête qui a perdu toute raison de vivre. Entre déclarations chocs et votes critiques, ils dessinent ce qui pourrait bien devenir le nécessaire contrepoids au sarkozysme dans une droite française en crise.

Hervé de Charrette, Taureau centriste
Grand chef des centristes au sein de l'UMP, où il préside le courant Convention démocrate, le très écouté député du Maine-et-Loire a fait bruyamment connaître son opposition au projet de réforme des institutions : «le Président peut compter sur notre soutien mais ni sur notre silence, ni sur notre servilité», a-t-il déclaré à Libération.fr. Soutenant le principe de «coproduction législative» amené par Copé pour renforcer le rôle des parlementaires dans l'élaboration des lois, il est en première ligne pour la réforme de l'UMP comme un parti de courant… où il aurait toute légitimité pour faire vivre le noyau centriste.
Jean-François Le Grand, Mouette protectrice
Au Sénat, Le Grand est surtout connu pour son engagement anti-OGM, qu'il cultive par son appartenance à de nombreux groupes d'étude sur l'eau, les techniques agricoles, etc. Alors que le pro-OGM Jean Bizet, également sénateur de Normandie, est nommé rapporteur de la loi sur les semences génétiquement modifiées et introduit le «délit de fauchage», Le Grand prône l'activation de la clause de sauvegarde avant de dénoncer, le 2 avril, les «députés actionnés» par les groupes semenciers. Le vote défavorable en deuxième lecture à l'Assemblée a remis du baume au cœur à celui qui fut longtemps isolé : il fait aujourd'hui figure, à l'instar de Fabienne Keller et François Grosdidier, de fer de lance de la vigilance écologique à droite face à la tentation des lobbys!
Jacques Myard, Belette hargneuse
Avec 7 membres présents, il fallait qu'au moins 3 des UMP s'associent au seul député d'opposition à la Commission des Affaires étrangères pour rejeter le projet de réforme des institutions dans la nuit du 14 au 15 mai : Jacques Myard était de ceux-là. «Si le groupe majoritaire colle à tout ce que dit le président de la République, le rôle du Parlement ne sera pas revalorisé !», expliquait-il au Point.fr. Grognard en chef, qui avait dénoncé sur Marianne2 la lâcheté des députés qui n'avaient pas eu «de couilles au cul» pour exiger qu'on les consulte sur l'envoi de troupes en Afghanistan, le député des Yvelines est souvent considéré par ses collègues comme le possible pilier d'un courant «gaulliste historique» au sein de l'UMP.

Jean-François Copé, Renard ambitieux
Applaudi par ses confrères quand il a pris la parole face à François Fillon sur «l'incident» du texte sur les OGM, Jean-François Copé est désormais légitimé comme chef indépendant du groupe UMP. Initiateur du principe de «coproduction législative» pour réintégrer les députés au débat sur les réformes, il n'a pas hésité à organiser la très polémique réunion UMP-PS dans les sous-sol de l'Assemblée, perçue à l'Elysée comme une haute trahison. Qu'importe, il ne manque pas de gardes du corps, comme Claude Goasguen, député de Paris, qui dénonçait les «quelques connards» de l'Elysée qui ont tapé sur les doigts de son patron. Déclaration vivement applaudie lors de la réunion du groupe parlementaire UMP où elle fut prononcée.

Christian Estrosi, Loutre opportuniste
Attention, faux ennemi ! Contrairement à ce que pourraient laisser penser les mots très durs du nouveau maire de Nice à l'attention de l'UMP, Christian Estrosi ne s'en va pas titiller Sarkozy. De même que sa sortie sur le manque de démocratie interne à l'UMP n'était qu'un message haineux à Patrick Devedjian, les nouvelles attaques contre son parti qui ne serait utile «ni à Sarkozy, ni à la vie politique» interviennent opportunément alors qu'une législative partielle va probablement le faire élire dimanche 18 mai député des Alpes-Maritimes. Avoir un député qui étrille un parti majoritaire «coupé de sa base», c'est toujours vendeur au niveau local.

 
Villepin, Héron patient, profitera-t-il de la disposition des Esprits pour revenir chasser le bison sarkozyste ?
Nicolas Dupont-Aignan, Hibou persévérant
Anti-sarkozyste historique, l'acharné député non-inscrit de l'Essonne revient tout doucement sur le devant de la scène parlementaire à mesure qu'élus et médias affichent de plus en plus leur désamour vis-à-vis de Sarkozy. Par ces temps de contestation, on se demande bien qui le rejoindra dans les listes qu'il compte monter pour les élections européennes.

Dominique de Villepin, Héron patient ?
Grosdidier, Grand, Mariton… Ils sont de tous les coups et portent en eux l'espoir secret du retour sur scène de leur maître à contester. Resté silencieux depuis l'appel Républicain qu'il avait signé dans Marianne, Dominique de Villepin arriverait aujourd'hui comme chez lui dans cette droite en révolte. Peut-être, d'ailleurs, n'attendait-il que ça.

Sarkozy remonte sur le ring contre les grèviculteurs

Pour la première fois, Nicolas Sarkozy a fait une déclaration impromptue en direct depuis l'Elysée alors que les manifestants étaient encore dans la rue.

Les manifestants arrivent place de la République à 16H30, fin du trajet qui était parti de la place d'Italie. 18 000 selon la police, 60 000 selon la FSU, l'écart est énorme et entre les deux estimations difficile de savoir vers laquelle pencher. Sur place, les enseignants grévistes se disent en tout cas rassurés «d'une telle mobilisation. On continue d'y croire, le Gouvernement va être obligé de céder» déclare Monique, professeur des écoles depuis vingt ans. À l'angle de la rue Charlot et du boulevard du Temple, devant la bourse du Travail, un groupe de sans-papiers mêlent leurs cris à ceux du cortège. Pendant une quinzaine de minutes, professeurs, agents de la fonction publique et lycéens scandent : «So,So, Solidarité avec les sans-papiers !» La police se fait alors plus présente, ce crochet n'était apparemment pas prévu. À quelques mètres, sur la place, les manifestants se dispersent rapidement. Des élèves de seconde du lycée Georges Brassens à Paris sont optimistes : «Nous sommes solidaires avec nos professeurs, nous ne céderons pas devant le Gouvernement».


Droit au travail
Surprise : à 17H30, on apprend que le président de la République prendra la parole depuis l'Elysée à 18h15 sur le thème de l'Education nationale. Depuis le début de son mandat, les interventions du président étaient toujours annoncées quelques jours à l'avance au moins. C'est donc une première : même au plus fort du mouvement contre les retraites, Sarkozy n'était pas intervenu à chaud.
Comment expliquer cette sortie télévisuelle imprévue? Si la grève des profs a été très suivie, elle a aussi été fort impopulaire auprès des parents d'élèves. Le président a d'abord voulu profiter de cette conjoncture. C'était aussi une bonne occasion de rappeler aux députés de l'UMP actuellement en bisbille avec le gouvernement qu'il restait le seul maître à bord, le chef de la droite, un homme d'action prêt à affronter les grévistes.
mobilisation à peine terminée ? Pas Cette intervention était donc avant tout symbolique, destinée à la fois à l'opinion et à la majorité. Car sur l'école, le président n'a rien dit de bien nouveau : il a essentiellement confirmé les mesures de Xavier Darcos. «Je respecte le droit de grève, a-t-il dit, mais le droit au travail aussi.» Nicolas Sarkozy a également annoncé le dépôt, au début de l'été, d'un projet de loi sur le droit de l'accueil des enfants à l'école les jours de grève et l'obligation de la mise en place, par les communes, de structures rendant possible cet accueil. Il a ajouté que les communes seront dédommagées et que cette organisation sera financièrement assumée par l'Etat. Reste à savoir si les syndicats n'interpréteront pas cette réaction à chaud comme une déclaration de guerre à quelques jours de la grande grève du 22 mai.

Grèves dans l'éducation

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News

Depuis plusieurs semaines, les lycéens, les enseignants et les parents d'élèves manifestent leur opposition aux mesures du gouvernement,  mesures constituant une atteinte grave au service public d'éducation et augmentant de façon dramatique l'inégalité entre les enfants et les jeunes.

La FCPE91 appelle tous les parents de l'Essonne à participer aux différentes actions du mois de mai 2008 :

  • manifestations aux côtés des lycéens, 
  • journées des 18 mai et 24 mai,

sur la base de l'appel unitaire "Appel à la mobilisation pour une politique éducative ambitieuse".   

=>     Dimanche 18 mai, une manifestation nationale à l'initiative de la FSU partira à 13 h de la Place de l'Opéra

=>    Samedi 25 mai est une journée nationale de mobilisation : des interventions dans les établissements scolaires le matin, une manifestation partant du RER du Luxembourg, à 14 h30

(Se munir de badges/brassard/tuniques/casquettes/ballons pour être "lisibles" dans les différents lieux et cortèges)

La réussite du 18 mai est importante pour celle du 24 mai.

Notre mobilisation doit être forte car nous devons faire comprendre au gouvernement que nous n'acceptons pas les dégradations infligées à notre Ecole.

Il a déjà du reculer sur certaines mesures touchant les familles notamment, un camouflet vient de lui être infligé par les députés sur le projet de loi sur les OGM.

Le ministre de l'Education nationale a su imposer dans l'urgence des mesures démagogiques de stages de remise à niveau dans le même temps que la suppression de 2h de cours par semaine, 

exigeons de lui qu'il supprime ... dans l'urgence ...  ses réformes rétrogrades et inégalitaires. 

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