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13.05.2008

Les ambiguïtés de la "maison à 15 euros par jour"

Lancé le 12 avril par Christine Boutin, ministre du logement, le programme "maison à 15 euros par jour" est censé permettre aux ménages modestes de devenir propriétaires et relancer la construction. L'objectif de 5 000 constructions en un an paraît plus réaliste que celui de 20 000 à 30 000 "maisons à 100 000 euros" lancé en 2005 par Jean-Louis Borloo.

Plus de 40 constructeurs ont déjà signé la charte, tel Maisons France Confort qui a entrepris la construction d'une vingtaine de ces maisons. "La difficulté est de trouver des terrains à prix abordable, ce qui nous contraint à nous éloigner des centres-villes", reconnaît Loïc Vendromme, directeur de la communication.

Robert Bideau, maire (sans étiquette) de Monéteau (Yonne), à la périphérie d'Auxerre, n'en revient pas, lui, du succès remporté par un prochain chantier, annoncé par Nexity, de 15 "maisons à 15 euros par jour" sur sa commune. La commune apporte une subvention de 3 000 à 4 000 euros et les maisons doivent être vendues entre 169 000 et 220 000 euros, terrain inclus. Les acheteurs souscrivent, outre le prêt à taux zéro, un prêt complémentaire à 5 %, sur vingt-cinq ans, pour rembourser d'abord le coût de la construction, les terrains étant acquis par la Caisse interprofessionnelle du logement (Cil), collecteur du 1 %, pour 30 000 euros l'unité. Au terme de ces vingt-cinq ans, le Cil proposera aux propriétaires d'acheter, grâce à un nouveau prêt sur quinze ans, le terrain au prix initial majoré de 1,5 % ou 2,5 % par an, selon les cas. Le projet de Mme Boutin a le mérite d'avoir prévu le portage du terrain, mais il fait passer le coût de ces maisons de 100 000 à près de 200 000 euros, avec des remboursements pendant quarante ans. "Une durée intenable", s'insurge Joseph-Georges Berdugo, PDG de Tours Promotion, qui souligne que le montant de la mensualité, de 450 euros par mois, est, en réalité, majoré de l'aide personnalisée au logement : "On prépare ainsi le futur scandale des subprimes à la française, car cette longue durée de remboursement couvrira forcément des périodes d'inactivité ou de retraite, mettant les emprunteurs en difficulté." C'est à l'heure de la revente que les comptes seront établis, soit huit à neuf ans après l'achat. Les propriétaires devront alors tout à la fois solder leur crédit et racheter le terrain, ce qui risque d'absorber le fruit de la vente.

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