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11.05.2008

Le texte de l'appel de SOS Racisme et les premiers signataires

LES PLUS HAUTS représentants de la République Française étaient présents à Fort-de-France pour célébrer un citoyen d'exception en la personne d'Aimé Césaire. Mais assister à des obsèques ne suffit pas à honorer l’œuvre d’un homme.

Aujourd'hui plus que jamais, il faut continuer le combat qui était le sien : un combat contre les préjugés, contre le racisme et pour le vivre ensemble. Aimé Césaire s'était, dans cette optique, récemment exprimé sur les risques liés à un enseignement partiel de l'Histoire de France. Et de fait, en négligeant l'enseignement de l'histoire de la colonisation et de l'esclavage, on conduit un grand nombre de nos concitoyens à se sentir exclus d’une Histoire nationale partagée et on crée le terreau favorable à la « concurrence des mémoires » attisée et exploitée par tel ou tel démagogue.

Mais surtout, ces lacunes dans l’enseignement de l’Histoire sont dommageables pour le temps présent. Car, en effet, si l’on veut qu’une place bien plus importante soit faite dans les programmes scolaires au traitement historique de la colonisation et de l'esclavage, de ses causes, de ses acteurs et de son fonctionnement, ça n’est pas pour le plaisir de la rétrospective. C’est bien plutôt dans le souci de mieux comprendre le présent et d’éviter la répétition de mécanismes qui ont conduit hier à des crimes perpétrés en toute bonne conscience. Etudier ces pages de notre Histoire, c’est donner les clefs d'analyse aux jeunes générations pour qu'elles puissent comprendre les dangers de ces systèmes de pensée fondées sur des visions essentialistes de l’être humain et sur l’exploitation de ce dernier.

Etudier ce passé, c’est également permettre de détruire des visions historiquement datées qui, encore aujourd’hui, expliquent les images dégradées et stéréotypées de certaines parties de la population frappées de ce fait par le fléau des discriminations.

Il ne faut cependant pas procéder par injonction morale, ce qui risquerait de jeter un voile de suspicion sur une potentielle exploitation de faits historiques. Il faut au contraire faire de l'Histoire, permettre à l'enfant de développer sa conscience citoyenne par une connaissance rigoureuse des faits. Il est aussi temps de sortir du faux débat autour de la repentance. Les sociétés que l'on étudie, leurs actions appartiennent au passé. Il n'y a pas d'un coté les descendants des faibles et des opprimés et de l'autre les descendants d’oppresseurs qui seraient frappés d’une honte héréditaire : nous sommes tous les enfants de l'Histoire.

C'est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Ministre de l'Education nationale, le Haut Conseil de l'éducation et le Conseil supérieur de l'Education à donner enfin une place digne de ce nom dans les programmes scolaires à l'enseignement de l'histoire de la colonisation et de celle de l'esclavage, parties intégrantes de l'Histoire de France.


Les premiers signataires :


- Isabelle Adjani, actrice
- Akhenaton et Aïcha, Chanteur et productrice
- Dove Attia, Musicien
- Gérard Aschieri, Secrétaire général de la FSU
- Josiane Balasko, Comédienne
- Céline Balitran, Présentatrice
- Delphine Batho, Députée
- Jean Luc Bénhamias, Député européen
- Yamina Benguigui, Réalisatrice, Adjointe au Maire de Paris chargée de la lutte contre les discriminations
- Pierre Bergé, Fondation Bergé-YSL
- Dominique Besnéhard, Producteur et acteur
- Serge Bilé, Journaliste et écrivain
- Booder, Comique
- Michel Boujenah, Comédien
- Malek Boutih, Secrétaire National PS chargé des questions de société
- Stomy Bugsy, Chanteur
- Michel Cantal-Dupart, Urbaniste
- Cartouche, Comique
- Abdou Chaoui, Président de la Fédération nationale des Maisons des Potes
- Elie Chouraqui, Réalisateur
- Didier Daenninckx, Ecrivain
- Phil Darwin, Humoriste
- Geneviève de Fontenay, Présidente du comité Miss France
- Marcel Desailly, Footballeur
- Harlem Désir, Député européen
- Philippe Doucet, Maire d'Argenteuil
- Frédéric Encel, Géopolitologue
- Bruno Etienne, Professeur émérite des universités
- Jean Fabbri, Secrétaire général SNESUP-FSU
- Laurent Fabius, Ancien Premier Ministre
- Tiken Jah Fakoly, Chanteur
- Dan Franck, Ecrivain
- Christophe Girard, Adjoint au maire de Paris chargé de la culture
- Sihem Habchi, Présidente de Ni putes ni soumises
- Marek Halter, Ecrivain
- Clara Halter, Artiste plasticienne
- Farid Hamana, Président de la FCPE
- Pierre Henry, Directeur général de France Terre d'Asile
- Anne Hidalgo, Première Adjointe au Maire de Paris
- Bruno Julliard, Adjoint au maire de Paris chargé de la jeunesse
- Rachida Khalil, Humoriste
- Jean-François Klein, historien
- Ibrahim K Sorel, Président de Banlieues du Monde
- Valerie Lang, Actrice
- Disiz la peste, Chanteur
- Yvan Le Bolloch, Comédien
- Gaël Le Forestier, Présentateur
- Olivier Léonhardt, Maire de Sainte-Geneviève-des-Bois
- Elikia M'Bokolo, Historien
- Tristan Mendès France, Assistant parlementaire et blogueur
- Gilles Moindrot, Secrétaire général du SNUipp
- Benjamin Morgaine, Comédien
- Alix Nicolet, Présidente de la FIDL
- Safia Otokoré, Secrétaire national PS chargée du Sport
- Patrick Pelloux, Médecin urgentiste
- Alda Pereira-Lemaître, Maire de Noisy le sec
- Sébastien Pietrasanta, Maire d'Asnières-sur-Seine
- Jean-Baptiste Prevost, Président de l'UNEF
- Princesse Agnès, Chanteuse
- Thierry Rey, Judoka
- Frédéric Régent, Historien
- Anne-Gaëlle Riccio, Présentatrice
- Firmine Richard, Actrice
- Yves Simon, Ecrivain, chanteur
- Singuila, Chanteur
- Dominique Sopo, Président de SOS Racisme
- Amanda Sthers, Ecrivain
- Benjamin Stora, Historien
- Fodé Sylla, Membre du Conseil Economique et Social
- Rachid Taha, Chanteur
- Christiane Taubira, Députée
- Niels Tavernier, Réalisateur
- Louis-Georges Thin, Porte parole du CRAN
- Lilian Thuram, Footballeur
- Patrick Weil, Historien

Mai 68, quarante ans après!

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Karl Zéro cinéaste de la bouffonnerie complaisante

Le faux trublion des médias Karl Zéro signe un nouveau film, peu inspiré. En s'appelant Zéro, au moins Karl ne trompe personne sur la qualité de son film.


Puisque personne ne parle du film Starkozy, le dernier navet écrit par Karl Zéro, je veux bien me dévouer. Starkozy, c'est le film donné en cadeau bonux avec VSD dans sa livraison d'il y a quinze jours et qui sera diffusé sur la chaîne 13° Rue le 9 mai. Le principe, déjà éprouvé par Zéro (un peu plus inspiré) avec Chirac, est simple : on prend des images d'actualité sélectionnées par un documentaliste on les fait commenter par un imitateur du personnage principal, sur un texte sans doute écrit par Zéro. Résultat pour Starkozy, un texte plat sur des images que tout le monde a déjà vues. Et un léger malaise, comme toujours avec Zéro, l'amuseur des puissants : l'impression persistante que pour l'auteur, Sarkozy n'est pas une cible, mais un copain qu'on aime chambrer à son mariage en lui montant un film rigolo pour l'occasion.
Pour Zéro, la politique c'est rigolo
Zéro aime Sarko. Il est comme lui. Zéro aime la caméra, il aime tutoyer, il aime les pipoles, il aime bosser avec sa femme et la montrer à la télé. Il connaît bien les médias et, quand il fait un truc, il sait se faire inviter sur les plateaux des chaînes de télé et faire monter le buzz sur le net.
Zéro aime comme lui qu'on parle de lui et il est prêt à tout pour avoir l'air d'un héros. Bien sûr il ne va pas sauver des gentils otages des mains de vilains terroristes mais, pour apparaître comme le champion de l'information qui va dénoncer les puissants et dire la vraie vérité dans son Vrai journal, tous les moyens sont bons : y compris payer une voiture à une fille pour qu'elle raconte son histoire en exclusivité chez lui.
Comme Sarko, Zéro trouve que la politique c'est drôlement rigolo. Et coïncidence, comme Sarko, Zéro et la bande rigolote de sa jeunesse, Jalons, a fait un bout de chemin avec un bon manager de comiques politiques, Charles Pasqua.

Zéro, c'est marqué dessus
Enfin comme Sarko, Zéro sait jusqu'où il ne faut pas aller avec les puissants : rappelez-vous l'épisode du film de Pierre Carles Pas vu pas pris sur la connivence entre politiques et journalistes. Finalement, Zéro laissera tomber son ami Carles et contribuera à enterrer le film. Parce que cette connivence que ce film dénonçait, au fond, c'est sa marque de fabrique, son fond de commerce assumé, lui qui aime tant tutoyer tout le monde.
La connivence favorise rarement le talent chez les journalistes ou chez les comiques. Zéro n'est ni l'un ni l'autre. Comme Sarko qui n'est ni vraiment président ni vraiment show-biz, Zéro se cherche. Bouffon complaisant de son maître, il a produit une oeuvre qui n'a qu'une qualité : signée Zéro, on n'est pas trompé sur la qualité. Comme le Port-Salut c'est marqué dessus.

L'aberrant rêve sarkozyen d'un Etat-entreprise

Par Roland Hureaux. Prise dans l'urgence de tenir ses promesses, l'administration Sarkozy veut réformer à tout-va. En massacrant les services publics et la protection sociale d'un côté, en rêvant à des usines à gaz administratives à l'utilité douteuse de l'autre. Des réformes, disent-ils...

Après l'affaire de la carte famille nombreuse et celle du remboursement des lunettes, le président a prévenu qu'il ne devait pas y avoir de nouveau dérapages.
Il y en aura pourtant.
Cela en raison de la méthode de gouvernement suivie depuis un an – et davantage.
Quand des ministres peu inspirés sont sommés de produire des projets de réforme à tout va – ou tout simplement de faire des économies -, ils pressent leurs services de leur faire des propositions.
Ceux-ci ont tous dans les tiroirs des projets en réserve, généralement depuis plusieurs années. Mais si ces projets en réserve étaient bons, cela se saurait, et il y a longtemps qu'on les aurait appliqués.
La méthode Sarkozy s'est traduite par un raffinement supplémentaire de la démarche: la «révision générale des politiques publiques» fait appel à des consultants privés, au départ peu au fait des spécificités des organisations publiques, et qui sont allés eux aussi chercher des idées dans les cartons des ministères. On croit savoir que même Jacques Attali a fait appel à un grand consultant.
Le rapport Attali propose de mettre les prestations familiales sous conditions de ressources. Juppé s'y était essayé, puis Jospin. L'un et l'autre avaient échoué. Et voilà à nouveau l'idée sur le tapis.
Pour ce qui est de la Sécurité sociale, après l'abandon de l'idée saugrenue, chère à Raffarin, de travailler le lundi de Pentecôte, la restriction aux remboursements des frais dentaires ou optiques font partie de la panoplie des projets que l'on est toujours prêt à ressortir en cas de nécessité, de pair avec la hausse de la franchise ou la fermeture des petits hôpitaux.

Egalité ou équité ? Les Français préfèrent l'égalité
En matière sociale, ces projets reprennent une vieille antienne de l'Inspection des finances – et de tout ce qui depuis trente ans est supposé penser les réformes, si pensée il y a, l'idée d'un meilleur «ciblage» (une expression technocratique qui fait florès) des aides sociales en direction des plus nécessiteux, manière de paraître à la fois plus juste et plus économe. Alain Minc avait formulé cette idée en proposant de substituer l' «équité» à l' «égalité» (qu'en termes élégants ces choses là sont dites !). Les allocations familiales ? Pour les plus pauvres seulement. En matière d'assurance maladie ou d'allocations de chômage, voire de retraites, on s'efforcera, dit-on, de mieux distinguer la logique dite «assurancielle» – que l'on peut éventuellement privatiser - de la logique de solidarité – qui doit rester au secteur public. En matière de logement, on proposera de pousser hors des HLM les locataires qui remplissaient les conditions de ressources quand ils sont entrés, mais qui ne les remplissent plus. En matière universitaire, le relèvement des droits d'inscription pour tous doit être compensé (du moins on le suppose) par l'allocation de bourses plus conséquentes aux étudiants nécessiteux, etc.
Cette logique est imparable dans sa rationalité. Le problème est qu'elle heurte de front la mentalité française : n'en déplaise aux grands augures, nos concitoyens préfèrent l'égalité à l'équité (si tant est que cette dernière soit vraiment équitable !) et on n'est pas prêt de les faire changer d'avis car ils ont de bonnes raisons pour cela. La logique dite de l'«équité» contribue en effet à enfermer un peu plus dans des ghettos les catégories que l'on voudrait privilégier, à commencer par les immigrés; en outre, elle frappe en premier lieu les classes moyennes inférieures qui s'estiment déjà lésées par des impôts lourds dont elles veulent voir le retour. Elles en ressentent d'autant plus le poids qu'elles ne bénéficient, elles, à la différence des vrais riches, ni du bouclier fiscal, ni de possibilités d'évasion. C'est, selon Emmanuel Todd, la défection de ces classes qui a assuré le succès du non au référendum du 9 mai 2005.
C'est pourquoi la plupart des tentatives tendant à substituer l'«équité» à l'«égalité» ont jusqu'ici échoué. S'agissant des droits d'inscription universitaires, nos dirigeants, échaudés par les événements de 1987, savent qu'il ne faut pas y revenir. Pour d'autres sujets, par exemple pousser hors des HLM ceux qui dépassent le revenu plafond (ce qui figure dans le projet de loi sur le logement en préparation), il y a fort à parier que l'idée, déjà expérimentée par Juppé, aura les mêmes effets que précédemment: levée de bouclier, recul du gouvernement, bref de nouveaux couacs en perspective.

Services publics : haro sur les petites structures

En matière de services publics, les poncifs proposés par nos grands cerveaux sont aussi peu inspirés : s'agissant de l'Etat, de La Poste, des préfectures, des hôpitaux, il n'est que rarement question de réduire les effectifs dans les grandes structures où chacun soupçonne pourtant qu'il y a bien des économies à faire; ce sont toujours les bouts de chaîne : sous-préfectures, petits tribunaux, petits centres de tri, hôpitaux ruraux, jugés à tort ou à raison peu rentables, que l'on se propose de supprimer. La réforme de la carte judiciaire présentée comme la pierre angulaire de la remise en ordre de la justice, s'inspirait de cette optique sans que les bénéfices financiers en soient encore avérés. En fermant la caserne, le tribunal, l'hôpital et demain la sous-préfecture, c'est notre réseau de petites et moyennes villes, celles qui ont fait pendant longtemps la spécificité de la géographie et de la civilisation françaises que l'on mine. Si la DATAR existait encore, elle nous expliquerait qu'en poussant ainsi la population vers les grandes métropoles, on induit des surcoûts collectifs considérables qu'il faudrait aussi mesurer. Curieusement, la France du milieu du XXe siècle, pourtant beaucoup moins riche, pouvait s'offrir tous ces services de proximité. A quoi sert le «progrès», se demandent légitimement les populations concernées, s'il conduit à appauvrir systématiquement l'offre de services publics ? La volonté réitérée, malgré plusieurs échecs, de réduire les petites brigades de gendarmerie fut une des causes de la révolte des gendarmes de la fin 2001. Comme dans le cas de la carte familles nombreuses, les mesures que l'on dut prendre ensuite pour éteindre l'incendie coûtèrent beaucoup plus cher que les économies prévues au départ.
Les idées de réforme ou d'économies ainsi tirées des placards ont en commun de s'en prendre à des fondamentaux de la politique française au sortir de la guerre, comme la politique familiale et l'aménagement du territoire. N'est-ce pas parce qu'il avait quelques remords sur ces sujets aujourd'hui délaissés que le président a nommé lors du dernier remaniement Nadine Morano secrétaire d'Etat à la Famille et Hubert Falco à l'aménagement du territoire ? Mais à quoi bon, si toutes ces politiques demeurent inchangées ?

La «fusion-acquisition» n'a pas sa place dans l'Etat
Si l'on voulait dresser un tableau complet des marottes de la haute fonction publique, reprises par les cabinet d'audits ou les grands experts de type Camdessus ou Attali, il faudrait ajouter les regroupements de services de l'Etat sur le modèle propre au secteur privé de la «fusion-acquisition»: Impôts-Trésor, Police-Gendarmerie, Agriculture-Equipement, Patrimoine-Archives etc. Le but est «un Etat stratège et efficient», répètent nos hauts fonctionnaires sans se rendre compte du ridicule d'une formule déjà usée. Là aussi beaucoup de bruit, un «coût de transition», comme disent les spécialistes, très élevé, pour des économies finalement problématiques. Surtout l'oubli de cette donnée élémentaire que l'on ne peut faire fondre les structures publiques, à la différence des entreprises, que par la base et non par le sommet - et aussi de cette autre, que dans le secteur public, l'«efficience» diminue la plupart du temps avec la taille des organismes. Caricatural est le fait que les mêmes qui proposent ces mesures de simplification des structures proposent en même temps de créer toujours plus de nouvelles agences, offices etc. : ainsi le rapport Attali lance-t-il l'idée d'agences de services publics, d'agences de formalités pour les PME etc. Le plan Sarkozy d'avril 2008, «250 mesures pour économiser 7 milliards d'euros», après avoir annoncé «la suppression d'une trentaine de structures d'administration centrale ou d'organismes divers» (sans dire lesquels) propose dans la foulée sans sourciller «la création d'une Haute autorité chargée de garantir l'indépendance du système statistique», la «création d'une Haute autorité de la concurrence», la «création d'un centre national d'appels pour les consommateurs» etc !

M.Sarkozy voulait réformer l'Etat de fond en comble. Il ne décolère pas, paraît-il, sur l'incompétence de ses équipes. Il a raison. Malheureusement pour lui, elles reposent sur les mêmes hommes, les mêmes idées, généralement éculées, la même culture qui ont si bien assuré l'échec des tentatives de réforme précédentes. Faute d'un vrai renouvellement de la pensée réformatrice – et sans doute du personnel chargé de proposer et mettre en œuvre les réformes -, sa politique aboutira aux mêmes échecs que précédemment, alors que la situation est plus critique. Dans certains cas, comme la réforme de la carte judiciaire, le pouvoir peut encore passer en force - pour quel bénéfice et à quel coût politique ? Gageons que dans bien d'autres cas, il sera contrait de reculer comme il vient de le faire sur la carte famille nombreuse.

Pour Emmanuel Todd, Sarkozy est moins président que jamais

Le démographe Emmanuel Todd était l'invité de la douzième édition de Parlons Net. Il est revenu sur le bilan du sarkozysme, les dératés du libre-échange et la signification de la percée Barak Obama dans la campagne électoraole américaine.



La France n'a toujours pas de président

Pour interroger Emmanuel Todd cette semaine, il y avait David Abiker de France-Info, PIerre Haski de Rue89, Jérome Pottier de figaro.fr et Philippe Cohen de Marianne2.fr. Emmanuel Todd a défini Sarkozy comme un Chirac lent qui hésite encore à se départir de ses promesses de campagne, à renoncer, aussi vite que son prédécesseur, au discours qui lui a permis d'être élu. Pour Emmanuel Todd cependant, les socialistes auraient mené la même politique que Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy. Pour lui, l'activation cynique des affrontements en banlieue a joué un rôle essentiel dans la campagne électorale qui l'a porté au pouvoir. Celà constitue pour le démographe le péché originel du sarkozysme.
Emmanuel Todd relativise cependant l'importance du Président. «Il a toutes les cartes en main, explique-t-il, mais dans le système actuel, celà ne sert à rien». Pour les Français, poursuit-il, le sarkozysme coïncide avec la baisse du niveau de vie et la régression sociale.

L'alignement sur les Etats-Unis ruine l'influence de la France

Pour Emmanuel Todd, la crise alimentaire met en cause le modèle de politique économique fondé sur l'exportation. Mais les élites ne veulent pas voir que les populations européennes ne pourront pas accepter une baisse de leurs revenus et une incertitude croissante sur l'emploi. Cet aveuglement est favorisé par l'universalisme de la gauche revèche à des options qui lui rappellent le nationalisme.
Le démographe note que l'Amérique Latine est en dehors du champ d'intervention traditionnel de la France. Plus globalement, l'alignement de la France sur les Etats-Unis conduit à la banalisation de notre pays.

L'Europe soit cesser de s'élargir et de s'ouvrir

«Quel que soit le président élu, il devra gérer un déficit de 800 milliards de dollars, c'est-à-dire le déclin américain.» Pour Emmanuel Todd, la campagne d'Obama, même s'il n'est pas élu, donne un signe positif sur l'évolution de la société américaine, une diminution du sentiment racial. La question aujourd'hui est de savoir si les Etats-Unis vont avoir l'élégance de la Grande Bretagne au moment de son déclin.
Revenant sur l'attitude des pays développés à l'égard de l'Iran, il pointe le paradoxe suivant : l'Iran menace de détruire Israël alors qu'elle n'en a pas les moyens, tandis que la France ou les Etats-Unis évoquent ouvertement une guerre nucléaire contre l'Iran qu'ils ont les moyens de mener, sans parler de la présence américaine en Irak et en Afganistant, directement menaçante pour l'Iran.
Enfin, Emmanuel Todd s'inscrit en faux contre l'Union méditerranéenne. pour lui, ce projet fait partie des subterfuges qui empêchent l'Union européenne de bâtir une organisation économique efficace capable d'enrayer la baisse de revenu et l'insécurité sociale des classes populaires et moyennes.

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