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08.05.2008
UMP : les Jeunes Pop font pshitt!
Où sont passés tous ces jeunes qui fêtaient avec tant d'enthousiasme la victoire de Sarkozy, place de la Concorde, il y a un an? Nul ne le sait. Une seule chose est sûre : ils ne sont plus chez les jeunes UMP, qui connaissent une désaffection sans précédent.
Ouverture et diversité
Camille Bedin, étudiante à l'IEP Paris et une des responsables des Jeunes Pop Grandes Ecoles, affirme quant à elle ne pas ressentir cette baisse : «Nous comptons 2000 sympathisants et ce chiffre ne cesse d'augmenter depuis un an.» Mais en réalité, impossible de savoir combien les grandes écoles comptent d'encartés : seuls les sympathisants, présents sur les mailing-lists, sont comptabilisés. Les chiffres communiqués par Roger Karoutchi ? Camille Bedin se refuse à les commenter. «L'attente de débats et de réforme est grande chez les jeunes, peut-être que les politiques ne savent pas nous parler», finit-elle par concéder.
Même si Sciences Po Paris et les écoles de commerce restent les principaux nids de jeunes UMP, la jeune femme insiste sur un point : la diversité. «Les adhérents viennent de plus en plus de divers horizons, des grandes écoles comme de la fac», précise-t-elle. Et bientôt des cités? Faut pas rêver…
20:51 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, refondation, sarkozy, politique, 91
La seule bonne note du gouvernement: 10 sur 10 en récitation
Depuis deux jours à la radio, les ministres débitent leur leçon : ils mènent un «projet à long terme», «conforme au programme» dans le «camp de la réforme». Marianne2 vous offre la partition de ce concerto de marketing politique en temps de crise.
Le boulot avait été, il est vrai, largement facilité par les journalistes : le 6 mai (anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy) approchant, ils n'avaient tous que le mot «bilan» à la bouche. D'où la réponse unanime des ministres interrogés : «nous avons engagé une action sur le long terme.» Un long terme qui dure… 5 ans, évidemment! Pédagogue sur RTL, lundi matin, Xavier Bertrand invitait ainsi Jean-Michel Aphatie à imaginer «une maison à construire en 5 ans. Au bout d'un an, ce n'est pas fini.» Plus joueur (tendance turfiste), Eric Woerth, au Grand rendez-vous Europe 1-TV5 Monde-Le Parisien Aujourd'hui en France, expliquait qu'il faut tenir compte de la «contrainte de temps» avant d'ajouter que, comme aux courses de chevaux, «il ne faut pas être premier 400 mètres avant l'arrivée.» Lapidaire, Fillon, interrogé sur France Info lundi matin, soulignait que «le bilan, c'est à la fin du quinquennat.» Et toc !
Argument 2 : Tout était dans le programme et on applique le programme.
Deuxième grand classique du wording : s'appuyer sur la légitimité tirée des urnes. Chacun des ministres s'est donc fait fort de rappeler que les réformes «respectent les propositions de campagne», comme le disait Brice Hortefeux sur France Inter lundi matin. Et de s'adosser au «contrat moral» passé avec les Français, comme François Fillon : «nous tenons nos engagements par rapport à l'élection présidentielle.»
Cet argument-là est une vulgaire reprise du wording du second tour des municipales. Les sondages et autres enquêtes d'opinion largement défavorables au Président et à son action auraient pourtant de quoi contredire cet optimisme, non? Eh bien non. Pour les membres du gouvernement, c'est évident : ce que cherchent à dire les Français à travers les sondages, c'est «plus vite, plus fort». C'est «l'impatience face aux résultats», comme l'a si bien dit Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), invitée du Grand jury RTL. Xavier Bertrand a d'ailleurs enfoncé le clou : «Le message des Français nous l'entendons : plus vite les résultats».
Et François Fillon d'ajouter : «que les réformes passent mal, ça n'a rien d'anormal, c'est le contraire qui serait étonnant». Car, voyez-vous, selon le Premier ministre, on a tant attendu pour mettre en oeuvre ces grands changements que désormais le gouvernement fait tout, très vite, d'où des «crispations» - le mot préféré de Fillon lors de son interview sur France Info. Il arrive quand même que les sondages soient favorables aux réformes. C'est le cas dans le Figaro de lundi, qui publie une enquête d'Opinion way (qui l'eût cru?) où on apprend que les Français trouvent qu'allonger la durée de cotisation pour les retraites «va dans le bon sens». Alors là, Fillon se décrispe, oubliant au passage combien c'est, selon lui, «anormal»…
Grande nouveauté de l'argumentaire prémâché : les ministres font désormais de l'exégèse de politique politicienne. Chacun d'entre eux nous a offert sa version perso du crédo : «le nouveau clivage se fait entre les conservateurs et les réformateurs.» Répété quasi-textuellement par Bertrand et Hortefeux, il est plus fleuri dans la bouche d'Eric Woerth : «la grande réussite des socialistes, c'est d'avoir l'immobilisme au coeur de leur combat», s'est permis le ministre du Budget, épinglant notamment Julien Dray. On pourrait d'ailleurs trouver un parallèle amusant entre ce nouveau slogan et celui qu'ont déniché les jeunes militants de l'UMP Grandes écoles pour commémorer Mai 68 à leur façon : «40 ans après, la jeunesse qui bouge a changé de camp.» Mais il s'agit, bien sûr, d'une simple coïncidence...
Argument bonus sur les retraites : Le gouvernement ne fait qu'appliquer la réforme de 2003 !
Dernier détail amusant : pressés de se justifier sur la réforme des retraites qui doit amener à 41 le nombre d'annuités de cotisation pour une retraite à plein taux, Xavier Bertrand et François Fillon ont brandi comme une évidence le fait qu'il ne s'agissait là que de l'application de la réforme de 2003 ! Alors avis aux sondés du Figaro/Opinion Way : les bonnes idées du gouvernement, elles ne sont même pas de lui !
19:30 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, refondation, sarkozy, politique, 91
Un an seulement et les chars du réel attaquent le printemps sarkozien
Taxis, retraites, carte scolaire, immigration. Dans chaque domaine, la réforme provoque une gueule de bois libérale à laquelle Nicolas Sarkozy n'avait pas préparé ses électeurs.
Avec Sarkozy, beaucoup de Français, et pas seulement les plus riches, ont cru que ce meilleur des mondes-là allait survenir ici et maintenant. Le nouveau Président allait libérer la société française, ses énergies, sa créativité, et un nouveau monde allait surgir. L'intérêt individuel, une fois actionné, allait retomber en pluie bienfaisante et trébuchante sur des millions de pauvres qui allaient s'enrichir. Le libéralisme deviendrait ainsi l'avenir de l'homme, le garant d'une nouvelle solidarité. Car, comme le marxisme, le libéralisme était un humanisme. Voilà pour la promesse.
Yaka libéraliser ? Pas si facile....
Depuis un an, cette promesse, comme naguère le socialisme de nos anciens, se heurte au réel. Et la chute est terrible. Si terrible que la doctrine, qui avait tant de mal à percer en France, ne s'en relèvera peut-être pas.
Dans chaque domaine, le choix «libéral» - qui est en réalité surtout inégalitaire - laisse apparaître un revers, un «effet pervers» insoupçonné par la théorie. Sur le papier, les grandes villes manquent de taxis et libéraliser les conditions d'accès à la profession permettait de régler la question : ne suffit-il pas de lever la main à New Delhi ou à New York pour voir un véhicule stopper à un mètre de vous ? Oui, mais si on libéralise, la valeur des licences s'effondre et ruine des milliers de propriétaires du parchemin. Il faut donc la racheter ou compenser la différence de valeur entre la licence au moment de l'achat et au moment de la vente. Le coût en est exorbitant et personne ne l'avait anticipé. Gueule de bois libérale. Exit la réforme….
Prenons maintenant le cas de la retraite. Sur le papier, l'idée d'indexer la durée de la carrière sur celle de l'existence est parfaitement logique. Va donc pour les 40 ans de cotisation afin de gagner sa retraite. Va donc pour les 41 ans. Et même, pourquoi pas, pour les 42 ans. Mais dans la réalité, si les ayant droit ne parviennent pas à travailler plus de 35 ou 36 ans, la réforme signifie d'abord qu'ils ne bénéficieront pas d'une retraite digne de ce nom et devront donc prendre des petits jobs, au black de préférence, pour compléter. L'équité revendiquée pour la réforme se révèle donc une véritable imposture : aux babyboomers un dernier rebond professionnel ou une retraite confortable, et aux prolos la galère du minimum vieillesse et des petits boulots de survie. C'est sans doute pour éviter ce résultat que Nicolas Sarkozy va proposer aujourd'hui dans le Gard un nouveau dispositif en faveur de l'emploi des «seniors». Mais quelle efficacité en attendre dès lors que le gouvernement a très vite battu en retraite devant le Medef après l'annonce, lors de la dernière intervention télévisée du Président, de sanctions contre les entreprises qui ne gardent pas leurs anciens ?
Troisième exemple, la carte scolaire. Dans l'idéal, rien de mieux pour réguler la qualité de l'enseignement : les parents, instruits des performances de tel collège ou de tel lycée, choisissent de le fuir ou au contraire de le plébisciter et le bon travail des équipes enseignantes s'en trouvera ainsi récompensé. Mais si ce système, ce qui est heureusement le cas, n'est pas appliqué jusqu'au bout, c'est-à-dire si l'on ne ferme pas les établissements rejetés par les parents pour laisser la place à de nouvelles créations, que se passe-t-il ? C'est très simple : des milliers de parents se ruent sur les mêmes établissements, et donnent naissance, comme l'annonçait lundi 5 mai Europe 1, à une génération de «sans collège» ou de «sans lycée», qui ne manqueront pas d'occuper les rectorats, les églises, les mairies et les bourses du travail.
Justement, dernier exemple du libéralisme déceptif, les immigrés. Le gouvernement décide de donner la priorité à l'immigration de travail. Mais qui, sinon les chefs d'entreprise, peut déterminer les besoins en main-d'oeuvre ? Voilà comment, à l'insu de la «galerie» législative que l'on a amusée avec la «maîtrise de l'immigration», le bulletin de paye devient une carte de séjour, ainsi que le président a refusé de l'entendre de la bouche de Yves Calvi, lors de sa dernière intervention télévisuelle.
Voilà donc un beau sujet de méditation commun à Henri Guaino, Emmanuelle Mignon et Claude Guéant, et à tous leurs amis: la promesse du printemps libéral qu'a voulu incarner le président se heurte, un an après, à l'entrée des chars de la réalité dans la capitale. Que restera-t-il de tout cela après leur passage? En tout cas, un électorat amoindri : c'est plutôt la perte d'influence dans son propre camp qui a affaibli le Président
12:25 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, refondation, sarkozy, politique, 91
Happy ....
09:05 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, refondation, sarkozy, politique, 91
L'offre valable d'emploi ou la «flexi-régression»
Depuis plusieurs années le cap en matière de politique de l'emploi se nomme la flexi-sécurité. Cette théorie repose sur l'idée qu'il se créé et se détruit en permanence des quantités considérables d'emplois. L'enjeu est alors de favoriser la transition des emplois détruits vers les emplois créés en «fluidifiant» le marché du travail : favoriser l'embauche, les licenciements et la reconversion des chômeurs d'un poste de travail vers l'autre.
C'est dans cette perspective que le gouvernement vient de créer la notion d'offre valable d'emploi qui devrait conduire les chômeur à accepter des offres d'emplois de moins en moins bien rémunérées et situées de plus en plus loin de leur domicile à mesure que leur durée de chômage s'accroîtra.
La mesure sera certainement considérée par le gouvernement comme une réforme majeure qui permettra de remettre la France au travail et faire des économies sur les dépenses sociales. En réalité, il s'agit d'un pur effet d'annonce idéologique. Plus grave, la mesure, telle qu'elle est annoncée, sera contre productive compte du projet de flexi-sécurité qu'elle est sensée servir.
La vraie réforme structurelle dont il s'agit est de créer un vrai service public de l'emploi qui puisse mettre en adéquation la main d'œuvre disponible avec les offres d'emplois proposées sur un territoire. Cela ne sera possible que si le service public apporte un véritable accompagnement au demandeur d'emploi : Bilans de compétences, définition d'un projet individuel, obligation de suivre des formations de reconversion, aides à la mobilité géographique pour les bassins d'emplois sinistrés, et naturellement des propositions d'offres conformes au projet du demandeur d'emplois.
Mettre la charrue avant les boeufs
Cependant, aujourd'hui il n'y a ni accompagnement, ni même proposition d'emplois faites par l'ANPE. A supposé que l'agence s'engage dans cette voie, on pourrait avoir les pires craintes quand à la pertinence des propositions qui seraient faites. Le service qui résultera de la fusion ANPE-UNEDIC a peut-être vocation à devenir une "DRH des territoires" mais elle est très loin actuellement de pouvoir mettre en relation la main d'oeuvre disponible avec les emplois proposés.
Dans ces conditions prétendre sanctionner les chômeurs qui refuseraient des offres raisonnables c'est pour le moins mettre la charrue avant les bœufs ! On pourrait même dire qu'il s'agit d'un exercice de pure communication politique destinée à rappeler au cœur de l'électorat de droite les engagements du candidat en matière de lutte contre l'assistanat. On retrouverait là, la tentation habituelle chez Sarkozy de désigner des boucs émissaires.
Si c'est de la communication politique, elle est très malhabile et va une nouvelle fois se retourner contre le gouvernement car le symbole qu'il manie est explosif.
Dans une perspective libérale (ou même sociale-libéral) l'enjeu est de convaincre la société française d'accepter le fait qu'il est normal de passer d'un emploi à l'autre au cours de sa vie professionnelle. Or, la perspective affichée de réduction du salaire de reprise va conduire au but rigoureusement inverse. En continuant sur cette voie, le gouvernement va diffuser l'idée qu'une période de chômage conduira mécaniquement à une réduction du salaire. Il va créer de la peur, de l'insécurité sociale et donc conduire les salariés à s'accrocher à leurs « acquis »
Ce n'est pas de la flexi-sécurité c'est de la flexi-regression !
Le concept d'offre valable d'emploi n'impliquait absolument pas d'intégrer l'idée de régression du salaire de reprise. Dans le document transmis par le gouvernement aux syndicats, il apparaît que la dégressivité n'existe qu'en Allemagne sur les 8 pays européens de comparaison cités en exemple.
Pourquoi le gouvernement a-t-il intégré ce qui apparaît comme une véritable provocation ? Pour préparer l'opinion à une réduction du pouvoir d'achat ? Pour organiser une baisse des salaires et une réduction du coût du travail, comme cela s'est fait en Allemagne ?
L'intérêt politique de la mesure est de désigner les chômeurs comme des fainéants et des profiteurs auprès de «la France qui se lève tôt». Il n'y avait absolument pas besoin d'intégrer pour cela la dégressivité du salaire de reprise. La suspension des allocations en cas de refus d'une offre valable suffisait. Cette mesure est donc d'une effroyable stupidité qui en dit long sur la maturation des décisions au sein du gouvernement et l'intelligence de ceux qui nous gouvernent.
Enfin, cette mesure annonce s'inscrit dans deux erreurs fondamentales qui caractérisent la politique du gouvernement en matière d'emploi.
- Le gouvernement appréhende le développement de l'emploi en «mode push» L'économie n'est pas tirée par la demande des consommateurs ou la compétitivité des producteurs, mais est poussée par les travailleurs. Plus il y aura de gens au travail et plus leur durée du travail sera élevée, mieux l'économie se portera. Je reviendrais prochainement sur cette thèse de manière approfondie pour démontrer qu'elle est globalement stupide, car seulement une part infime des emplois n'est réellement créatrice de richesses et susceptible de générer un effet d'entraînement.
- Il tend à considérer que nous sommes d'ores et déjà dans une situation potentielle de plein emploi, le départ à la retraite des baby boomers commencerait selon lui à créer des tensions sur le marché du travail. Cela n'est pas encore le cas. Le chômage reste massif si l'on additionne toutes les catégories de demandeurs d'emplois. En outre, cette conception est radicalement en opposition avec sa théorie fétiche selon laquelle c'est l'emploi qui créé l'emploi, car dans ce schéma la retraite des seniors privera l'économie de salariés compétents, expérimentés et productifs, ce qui entraînera un effet récessif sur le marché de l'emploi.
Le gouvernement en rêve peut-être mais on est encore loin de la situation où il n'y aurait plus qu'à pousser les chômeurs à prendre les emplois que le dynamisme naturel de l'économie aura créé. Avant d'en être là, il y a encore beaucoup de réformes à conduire, de vraies réformes, par des simples effets d'annonces à finalité idéologique.
07:39 Publié dans vu dans Marianne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, hamon, ps, refondation, sarkozy, politique, 91




