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05.05.2008

Sarkozy est passé du «bling-bling» au «couac-couac», selon Hollande

Le Président est le «Monsieur Plus pour les plus riches», selon le premier secrétaire du PS. Patrick Devedjian répond qu’il préfère le «couac-couac» de la droite au «plan-plan» de la gauche.

Ce matin, c’est bataille de petites phrases entre les leaders du PS et de l’UMP. Dans un entretien pour Aujourd'hui en France/Le Parisien, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, qualifie Nicolas Sarkozy de «Monsieur Plus pour les plus riches» et estime qu'il est passé d'«une présidence bling-bling à une présidence couac-couac».
Réponse ce matin, sur France2, de Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP: «Moi je préfère le couac-couac, qui est en fait la liberté, au plan-plan, qui est l'attitude des gens qui ne font rien». «Ça  lui va bien! Après dix ans d'exercice au Parti socialiste, qu'est-ce que c'est la gauche aujourd'hui? C'est la gauche plan-plan. Elle n'a aucun projet, aucune réforme», a renchéri Patrick Devedjian.

Pour François Hollande, en plus d’être «le Monsieur Plus pour les plus riches», Nicolas Sarkozy est le «Monsieur Moins pour tous les autres», et résume sa pensée en le qualifiant de «Président du gâchis». «Le chef de l'Etat a distribué avec le paquet fiscal une masse financière qui aurait pu être précieuse pour amortir le choc extérieur», a précisé François Hollande. Selon lui, «il a gaspillé 15 milliards d'euros en exonérations et cadeaux fiscaux aux plus hauts revenus, comment peut-il demander ensuite un effort aux Français?»

Interrogé sur la campagne présidentielle du président de la République dont un des thèmes était le pouvoir d'achat, le premier secrétaire du PS a tenu à rappeler que Nicolas Sarkozy avait «été élu sur cette promesse» et qu'«il ne l'a pas tenue». «Les Français en subissent chaque jour les conséquences», indique-t-il, avant d’ajouter: «Les Français demandent des comptes à celui qui, durant la campagne, s'est présenté comme le candidat des poches pleines pour devenir le président des caisses vides».

Populaire ???

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Les travailleurs pauvres touchés par les coupures d’électricité

 C’est un aspect de la précarité méconnu. Plus de 200 000 procédures de coupures d’électricité pour impayés seraient engagées chaque année en France, selon la CGT. Certaines ne durent que quelques jours, d’autres des semaines, voire plusieurs mois. EDF ne communique pas les chiffres exacts. «C’est une réalité que tous les agents connaissent depuis longtemps, mais il y a une sorte de déni d’EDF sur cette question» , dénonce Alan Loffreda, président de l’association lyonnaise Droit à l’énergie-Stop aux coupures-69...

Dettes. Pour tenter de connaître le public touché par ces coupures et comprendre comment ils en sont arrivés là, l’association a étudié le cas d’une centaine de ces privés d’électricité dans le département du Rhône. Ceux qui durant un an ont fait appel à l’association. «On retrouve des gens qui cumulent plusieurs difficultés, et pour qui un rappel de consommation devient impossible à payer», explique Alan Loffreda.

Selon l’étude, ceux qui se retrouvant sans électricité ne sont pas uniquement des personnes en grande exclusion mais pour beaucoup des salariés travailleurs pauvres (37 % des cas) ; 30 % sont des familles monoparentales, 15 % des couples avec enfants. Les foyers scrutés dans cette étude ont en moyenne 792 euros d’impayés pour un revenu moyen de 774 euros. Ils cumulent souvent d’autres dettes, notamment des dettes de loyer.

Par ailleurs, l’étude démontre que plus d’un tiers des coupures intervient en période dite de trêve hivernale, du 1er novembre au 15 mars. «Concrètement, cela veut dire que des familles avec enfants se retrouvent sans lumière, sans chauffage durant des semaines, parfois des mois, en plein hiver. C’est inacceptable de la part d’une entreprise qui a mission de service public», dénonce Alan Loffreda.

Pour EDF, «une grande partie de ces coupures est le fait de négligences car il existe un système permettant aux clients qui rencontrent des difficultés, soit d’étaler leur paiement, soit d’être orientés vers des services sociaux qui pourront les aider», explique Olivier Guerand, directeur clients pour le secteur Rhône-Alpes Auvergne.

Complexes. Sauf que, comme le démontre habilement l’étude de Stop aux coupures, le montant moyen des aides (172 euros) est très insuffisant par rapport aux dettes, et les procédures souvent longues pour les usagers qui y ont droit. Or, en cas d’impayé, la coupure intervient deux mois après réception de la facture.
A.Gd.

Dix-huit mois à la bougie pour 314 euros

Sarkozy, le Gribouille de l'économie

Non seulement le paquet fiscal est injuste socialement, inefficace économiquement, désastreux pour les comptes publics, mais en plus, selon Bruxelles, il freine l'activité économique du pays. Comment en est-on arrivé à un tel résultat ?

Lorsque le président de la République a pris, lors de son interview fleuve à la télévision, son air le plus compassé pour décrire « les chocs » économiques qui frappent le pays, il semblait chanter : «J'ai l'dollar qu'est trop bas, le pétrole qu'est trop haut, les matières premières qui s'dilatent, la croissance qui s'déhanche» sur l'air célèbre du chanteur comique Gaston Ouvrard, qui faisait rire les Français dans les années 60. A qu'elle a bon dos cette crise économique. Si le «paquet fiscal» n'a pas donné de «choc de croissance», c'est de sa faute. Et d'ailleurs ne l'appelez plus jamais «paquet fiscal», c'est «une erreur de communication sur toute la ligne» !

Les Français ont le moral dans les chaussettes
Le problème, c'est que les Français d'aujourd'hui n'ont pas envie de rire (le moral des ménages est au plus bas de l'histoire récente), et ils se demandent très sérieusement si ce n'est pas la fable de la cigale et de la fourmi que Nicolas Sarkozy est en train de jouer sous leurs yeux. Car tout de même, 14 milliards d'euros dépensés aux temps chauds, avec la loi Travail emploi pouvoir d'achat, cela ne s'oublie pas !
Car il y a bien, en économie, une faute originelle du mandat sarkozyste, le bouclier fiscal, grâce auquel l'Etat a dépensé sans compter ce qui restait dans ses caisses afin d'assumer les promesses les plus catégorielles de la campagne électorale :
- le bouclier fiscal (650 millions d'euros) pour quelques centaines de très riches possédants qui bénéficient aussi d'une réduction de l'ISF de 450 millions,
- 2,27 milliards pour la réduction de la fiscalité sur les héritages, et pas les plus petits (1) ;
- 3,7 autres milliards évaporés dans les emprunts immobiliers, ce qui n'a servi qu'à maintenir le prix élevé de la pierre ;
- 6,6 milliards pour détaxer les heures supplémentaires, ce qui a permis surtout de «blanchir» du travail jusqu'à présent non déclaré.

Mais au moins cela faisait-il une politique ? Henri Guaino, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, l'assurait : faire du déficit est indispensable pour mener les réformes. Moyennant quoi il prétendait ne pas avoir à choisir entre «une politique de l'offre (autrement dit la rigueur) et une politique de la demande (le soutien à la consommation)».
Christian Saint-Etienne, professeur d'économie et «centriste indépendant» (de Bayrou, NDLR) est nettement plus sévère. «Pendant onze mois, la politique économique de Nicolas Sarkozy a paru se chercher. Elle ne comportait aucune mesure franche, ni sur les 35 heures, ni sur les retraites ni sur la réforme fiscale. Au final, le paquet fiscal, ce sont des mesurettes, qui ne changeront pas la France, mais coûtent beaucoup d'argent». Joaquin Almunia, commissaire européen à l'économie, a fait calculer les effets du paquet fiscal : «Il aura en 2008 un impact négatif de 0,3% du PIB» qui deviendra « résiduel » en 2009. Sarkozy aurait donc inventé le « choc de décroissance ». Une politique que l'on pratique habituellement en cas de surchauffe économique.

Le déficit public s'approche des 3% du PIB

Le résultat est la dégradation des comptes publics. «Pas grave», jurait Henri Guaino, qui assurait que «l'Europe est aussi un lieu de combat politique, où il ne faut pas hésiter à se battre». Dès le mois de juillet, les partenaires européens avaient pourtant tiqué devant le nouveau programme du gouvernement français. Alors que Villepin avait promis l'équilibre des finances en 2010, Sarkozy exigeait un délai supplémentaire de deux ans. Dix mois plus tard, la commission européenne sonne la fin de la récréation. Selon ses calculs, la France devrait afficher en 2008 un déficit de 2,9% du PIB et 3%, la limite maximale autorisée par le Traité de Maastricht, en 2009. Bruxelles devrait logiquement lancer une procédure d'alerte, et mettre donc Paris en demeure de mettre de l'ordre dans ses comptes. Christine Lagarde a beau maintenir les prévisions du gouvernement, à savoir un déficit à 2,5% cette année et 2% l'an prochain., la France est en passe d'être sous surveillance européenne. Une situation très désagréable que Jean-Pierre Raffarin avait connue en 2003 et 2004.
«Mais comment peut-il en être autrement : ils ont pratiqué l'économie du ruissellement : on arrose les riches de cadeaux fiscaux et on attend que cela descende jusqu'aux défavorisés», s'emporte Pierre-Alain Muet, député socialiste du Rhône et proche de Ségolène Royal, qui ajoute : «En un an, Sarkozy est arrivé au même point que Chirac en 2003. Mais Chirac n'avait dépensé que 5 milliards d'euros !».

Impossible de financer les réformes

Les caisses sont donc officiellement vides. Du coup, chaque réforme (et il y en a 55 en cours !) est suspendue à des financements de plus en plus hypothétiques. C'est ainsi que ce sont les salariés juste au-dessus du Smic qui devront payer pour le Revenu de solidarité active de Martin Hirsch. Le président Mao aimait classer les paysans en «pauvres», «moyen pauvres», «moyen riches» et «riches». L'UMP fait donc payer les salariés «moyens pauvres» pour les «pauvres» ! Et le système s'étend : c'est ainsi que les salariés-chômeurs contribueront bientôt pour les salariés en retraite, par un transfert des cotisations Unedic. Ce que font d'ailleurs déjà les malades à l'intention des autres malades (Alzheimer, cancéreux, handicapé), grâce aux franchises de remboursement.

La «rigueur», mot interdit de la Sarkozie, est à l'œuvre. Elle est déjà annoncée à Bruxelles. Le dernier «programme de stabilité financière 2009-2012», transmis par Bercy à la Commission européenne, affiche la couleur: «La stratégie des finances publiques est, quant à elle, placée sans ambiguïté sous le signe d'une maîtrise des dépenses publiques qui n'a pas de précédent dans ce pays». Enfoncé le plan Juppé, dépassé le « tournant de 1983 », ou la gestion de Raymond Barre ! L'heure des grands ciseaux est arrivée. François Fillon annonce déjà la suppression de 7 milliards de crédits gelés dans le budget de l'Etat. Eric Woerth, ministre des comptes publics en ajoute, de son côté, 5 autres à trouver dans la sécurité sociale. Toutes ces annonces reposent-elles sur un semblant de réalité ? On peut en douter.

Peut-être une réforme fiscale ?
En avril, le président joue encore à réformer l'Etat, avec la RGPP (Révision générale des politiques publiques) mais se prend, pour quelques dizaines de millions, dans le tapis de la politique familiale, objet sacré de la droite, en annonçant la fin de la carte famille nombreuse. «C'est la pire manière de réformer l'Etat s'indigne Pierre-Alain Muet, celle qui n'a pour but que de réduire les effectifs de la fonction publique». «Au contraire», se réjouit prudemment Christian Saint-Etienne : «On sent naître enfin une nouvelle orientation. Mais si dans six mois cela ne se matérialise pas dans des vraies mesures, il faudra être sévère». L'économiste orthodoxe, espère toujours que Sarkozy mettra en œuvre «une grande réforme fiscale». N'a-t-il pas lancé à l'automne, la «revue générale des prélèvements obligatoires» dont le nom est prometteur ? Las, la «RGPO» semble être la belle au bois dormant, sans prince charmant. Les réformes économiques les plus emblématiques patinent. L'immigration choisie avait été un des succès de la campagne. Brice Hortefeux avait mis en place sa loi sans coup férir. Las, les patrons de la restauration sont venus rappeler que les travailleurs immigrés, ce sont eux qui les choisissent. La loi Lagarde laisse le champ libre à la grande distribution. Or la France est déjà le pays qui a le plus de m2 d'hypermarché par habitants. «Le gouvernement choisit la grande distribution contre l'industrie agro-alimentaire française, la seconde au monde», s'inquiète l'économiste Christian Jacquiau sur le site marianne2.fr. Gare aux emplois ! Sur les retraites, après le succès sur les régimes spéciaux, le gouvernement promettait des étincelles. Xavier Bertrand a sonné la semaine dernière le glas des illusions : il ne touchera à rien, surtout pas aux stocks options des grands patrons. Peut-être en 2010. Si la croissance revient. En attendant, la panne totale n'est de l'action publique n'est plus très loin…
Alors le professeur Saint-Etienne pose une appréciation sur le livret de l'élève Sarkozy : «Doit beaucoup mieux faire pour passer dans la classe supérieure». Mais l'élève Sarkozy le veut-il vraiment, lui qui laisse dire qu'il ne se représenterait pas pour un prochain mandat…

(1) Selon les calculs des Gracques, dans le Nouvel Observateur, un héritage de 60 millions d'euros peut n'être taxé qu'à 10%.


 

Sarkozy soigne ses amis patrons, et donc le régime chinois

Curieusement, dans le bilan dressé ces jours-ci de la première année de mandat de Nicolas Sarkozy, on parle peu de la politique étrangère. Il y aurait pourtant là autant matière à critique que dans les autres domaines. On peut même affirmer que c'est le secteur dans lequel l'action du nouveau président a été la plus catastrophique. En effet, la diplomatie était sans doute le dernier champ où la France gardait une marge de manoeuvre - l'opposition, bien que très timide avec le recul, de Jacques Chirac à la guerre en Irak l'avait démontré. En politique économique, cela fait longtemps que la France n'a plus de marge de manoeuvre, du fait de l'euro, bien sûr, mais encore plus du fait de l'endettement français, qui rend le pays éminemment vulnérable - Nicolas Sarkozy est en train de s'en rendre compte. En politique étrangère, en revanche, la voix de la France comptait encore et la nouvelle équipe au pouvoir est en train de dilapider le peu de capital qui nous restait.

Il ne s'agit pas du Tibet, mais de démocratie en Chine
L'épisode des protestations contre la Chine à propos du Tibet est particulièrement révélateur. La France n'a aucune politique chinoise, sinon celle du suivisme. On prête à Nicolas Sarkozy cette remarque: «On me reproche de ne pas assez faire pour le Tibet. Ce n'est pas de ma faute si De Gaulle a oublié d'envisager la question quand il a reconnu la Chine en 1964». Le chef de l'Etat nous a habitués, depuis un an, à tant de bévues, qu'il n'en est plus à une près.
De Gaulle a reconnu un Etat qui avait, au milieu du XXe siècle, violemment rejeté l'impérialisme occidental amorcé par la Guerre de l'Opium au milieu du XIXè siècle; le président français de l'époque pensait qu'il n'était pas bon qu'une puissance de cette dimension restât à l'écart des relations internationales - ni pour elle-même (Grand Bond en avant, Révolution culturelle), ni pour le monde (danger du face-à-face américano-soviétique). Que De Gaulle ait reconnu la souveraineté de la Chine populaire sur le Tibet, qui s'en étonnera: Nixon a-t-il fait autre chose au début des années 1970? Les grandes entreprises européennes ou américaines qui fabriquent en Chine ce qu'elles revendent dans nos pays ne semblent pas se soucier plus que cela des droits de l'Homme au pays des héritiers de Mao. Personne n'avait fait pression sur le Comité Olympique International lorsqu'il s'est agi de retenir la candidature de Pékin à l'organisation des Jeux Olympiques.
Il ne s'agit pas d'être cynique mais de prendre conscience du fait que la question n'est pas la souveraineté de la Chine sur le Tibet. Qui soutiendrait sérieusement que le meilleur moyen d'améliorer le sort des Tibétains est de déclencher une guerre mondiale? La question n'est pas non plus celle des droits des Tibétains: c'est celle de la démocratie pour la Chine entière. Et de ce point de vue, on peut plaider pour la tenue des Jeux Olympiques en pensant qu'ils forceront la Chine à s'ouvrir au monde au-delà de l'économie. C'est un point de vue défendable - mais insuffisant.
Des patrons qui jouent le jeu du régime chinois...
La grande question est celle du développement de l'économie chinoise. Nos entreprises sont entrées dans la logique de la dictature post-communiste: produire en Chine, avec une main d'oeuvre quasi-gratuite, pour les marchés occidentaux. Ce n'est pas ce pour quoi nos entreprises ont, à l'origine voulu s'installer dans le pays: au départ, il s'agissait d'avoir accès au marché chinois. Mais le régime retardera autant que possible le développement économique de sa propre population, de peur que l'émergence de classes moyennes nombreuses ne fasse inéluctablement triompher la démocratie.
Si le pouvoir politique jouait son rôle, au lieu de courir après les contrats pour les entreprises transnationales, il conditionnerait l'accès de produits venus de Chine au marché français et européen à des règles strictes: obligation pour la Chine d'absorber une partie de la production des entreprises françaises en Chine, imposition aux partenaires européens du principe d'une «taxe sociale» sur les produits venus de Chine (la France reprenant sa liberté si l'Europe ne joue pas son rôle sur ce sujet), contrôle très strict des transferts de technologies, etc.

... et un président soumis aux patrons
Le gouvernement de Nicolas Sarkozy aurait pu rompre avec la mollesse de son prédécesseur sur tous ces points. Au lieu de cela, il laisse tout aller à vau-l'eau. Et quand l'opinion s'émeut, à juste titre, de la répression au Tibet, on laisse avec la même mollesse dégénérer les manifestations antichinoises sur le sol français, puis insulter la France par des étudiants chinois téléguidés par le pouvoir qui ornent le drapeau français de croix gammées et réclament la libération de la Corse! De Gaulle aurait convoqué l'ambassadeur de Chine pour moins que cela!
La politique du chien crevé au fil de l'eau. Tel semble bien être le seul moteur de la politique chinoise de la France. Qu'un président de la République soit devenu incapable d'expliquer à l'opinion que la question qui importe, ce ne sont pas les droits des seuls Tibétains mais ceux de tous les citoyens chinois, qu'on ne peut pas protester sur le Tibet mais continuer à se fournir dans les supermarchés où triomphe le «made in China», voilà qui montre une absence totale d'imagination et de courage de la part des gens qui nous gouvernent. Il est vrai que Nicolas Sarkozy est l'ami - le relais même - des grands patrons qui font fabriquer massivement en Chine. Il n'est pas libre. Il est, comme nous le verrons dans notre prochain article, condamné à être un défenseur structurel du système monétaire qui verrouille les rapports de force dans le monde.

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