04.07.2008

Avec les "contributions", le PS lance officiellement son Congrès de Reims

Le premier acte du Congrès de Reims s'est joué mercredi lors d'une séance-marathon où une vingtaine de ténors socialistes sont montés au créneau pour exposer leur credo et présenter leurs "contributions", lors d'une grand-messe dont le PS a le secret.

Au total, 21 contributions générales, exposant analyses et propositions sur la politique du parti, ont été déposées par des chefs de courants ou barons locaux.

Justifiant la profusion de contributions, le premier secrétaire François Hollande a filé la métaphore botanique: "C'est normal qu'il y ait des multiples fleurs qui s'épanouissent mais à un moment, il faut qu'il y en ait un qui rassemble le bouquet".

Il a fait connaître son propre texte au dernier moment et a été le premier intervenant. Le député de Corrèze a posé trois conditions pour que le PS soit à même de présenter une alternative à la droite: "gagner la bataille des idées", présenter un projet "crédible" et "non une addition de toutes les revendications", réussir "la cohérence à gauche".

Lors de cette séance-marathon de trois heures dans un grand hôtel parisien, les signataires de chaque texte, déjà médiatisé largement, ont résumé successivement en huit minutes maximum leurs propositions.

Pour le maire de Paris, Bertrand Delanoë qui, selon un tirage à sort, intervenait le deuxième: "Ce que nous prônons, c'est une efficacité de gauche, pas un catalogue démagogique qui se délite au contact du réel mais un projet au service d'un vrai changement".

Le maire qui n'a pas déclaré ses ambitions, a dit que le Congrès de Reims ne doit pas désigner le candidat PS à la présidentielle de 2012.

"Notre Congrès commence ce soir", a lancé Pierre Moscovici, qui présente un texte au nom des Strauss-kahniens et des amis d'Arnaud Montebourg.

Pour lui, également "le choix du candidat doit intervenir le moment venu. Le moment n'est pas en 2008!. C'est en 2011!", a-t-il déclaré.

Pour la maire de Lille, Martine Aubry, soutenue par les puissantes fédérations du Nord et du Pas-de-Calais, "il faut un projet de clarification, il ne sert à rien de se rassembler pour se rassembler", appelant à retrouver "une gauche collective et joyeuse, créative et solidaire".

La plupart des ténors étaient là, à l'exception de Laurent Fabius, et de Ségolène Royal en déplacement au Québec.

La réunion présentait au total peu d'enjeu, les textes ne donnant pas lieu à un vote des militants. "C'est un peu comme au Tour de France, des échappées, un peloton, mais pas de vainqueur émergent", commentait une élue parisienne.

Les choses sérieuses vont commencer: après les contributions, les rapprochements en vue de futures motions, à déposer avant le 23 septembre." "Les jeux sont ouverts", commente-t-on dans les couloirs.

20h: la séance est close. Gérard Collomb, maire de Lyon, dit : "nous continuerons sur cette même tonalité d'écoute et de partage". Le même, présentant sa contribution, avait affirmé que "dans ce Congrès, les militants attendent le débat, mais redoutent le combat".

"Ne nous plaignons pas que le débat ait été ouvert, a déclaré M. Hollande après la rencontre. Les motions, textes sur lesquels les militants vont voter seront "beaucoup moins". "Je ne vais pas vous donner le chiffre. Ce serait déjà une indication de sortie du Congrès!", a-t-il plaisanté.

30.06.2008

La BCE va relever ses taux dans l'espoir d'apaiser les tensions sur les prix

La Banque centrale européenne (BCE) s'apprête à remonter son principal taux d'intérêt directeur dans l'espoir de dompter le spectre d'une surchauffe inflationniste, un acte risqué alors que l'économie européenne est en train de flancher.

Son président Jean-Claude Trichet aime à le répéter: "nous n'avons qu'une aiguille à notre compas". Une façon de rappeler que le Traité de Maastricht a confié à l'institution une seule mission prioritaire: la lutte contre l'inflation.

Le siège de la Banque centrale européenne, le 6 juin 2007 à Francfort
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C'est ainsi que le Français va sans doute justifier jeudi le probable relèvement d'un quart de point à 4,25% du principal taux directeur --le taux de refinancement ou "refi"-- qui détermine le coût du crédit pour les particuliers et les entreprises de la zone euro.

Le geste "paraît presque certain et est intégré totalement par les marchés", souligne Stephane Deo, économiste chez UBS (Virt-X: UBSN.VX - actualité) .

Le taux de refinancement se hisserait ainsi à son plus haut niveau depuis sept ans. La BCE n'y a plus touché depuis juin 2007. Elle avait interrompu son cycle de relèvement des taux en septembre, suite à l'effondrement du secteur des crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis ("subprime").

Les gardiens de l'euro ont fait preuve d'une rare franchise concernant leurs intentions, relève Jörg Krämer de la Commerzbank (Xetra: 803200 - actualité) . "Pour conserver sa crédibilité, (la BCE) n'a pas d'autre choix que de faire suivre la parole d'un acte".

Jean-Claude Trichet avait déclaré début juin que le conseil était "en état d'alerte élevé" face au danger d'emballement des prix et qu'une légère hausse de taux était "possible" lors de la réunion du 3 juillet.

Le taux d'inflation a grimpé à un record de 3,7% sur un an en mai dans la zone euro, toujours poussé par le pétrole cher et l'envolée des prix des aliments. En juin, il devrait s'être rapproché un peu plus des 4%.

La hausse des prix, qui mange le pouvoir d'achat des particuliers et freine donc la consommation, est liée à l'augmentation de la demande mondiale gonflée par les besoins croissants des grands pays émergents comme la Chine. La spéculation joue aussi un rôle dans la flambée des prix de l'or noir.

Contre ces chocs, la BCE est impuissante. Mais elle peut faire en sorte, en resserrant les vannes du crédit, d'empêcher autant que possible qu'ils contaminent l'ensemble de l'économie et entraînent un dérapage durable des prix. C'est pourquoi elle enjoint depuis des mois les partenaires sociaux d'éviter de conclure des augmentations de salaires trop élevées, propres selon elle à enclencher une spirale inflationniste.

En allant jusqu'à remonter ses taux, elle pourrait néanmoins s'engager sur un terrain glissant, alors qu'une pléthore d'indicateurs ont récemment annoncé une sévère détérioration de l'économie des Quinze sur tous les fronts, exportations, activité industrielle et consommation.

En Espagne, dont la croissance ralentit rapidement, et en France, des responsables politiques mais aussi des économistes ont émis des doutes sur la la pertinence de remonter les taux.

Fait plus rare, le ministre des Finances allemand Peer Steinbrück aurait lui aussi exprimé des réserves, assure le magazine Der Spiegel.

L'après 3 juillet divise les économistes. Les marchés ont intégré une deuxième hausse à l'automne portant le "refi" à 4,50%. L'inflation va sans doute atteindre les 4% en août, de quoi convaincre la BCE de resserrer encore une fois le loyer de l'argent, en septembre ou octobre, juge Jörg Krämer.

Pour d'autres, la santé défaillante de l'économie, conjuguée à une accalmie attendue sur les prix du brut, sera suffisante pour l'en dissuader.

25.06.2008

Revalorisation du Smic: seulement le rattrapage de l'inflation cette année

Le gouvernement a annoncé lundi une hausse de 0,9% du Smic horaire au 1er juillet, après celle de 2,3% en mai, correspondant au rattrapage de l'inflatio

Cette réforme prévoit à partir de 2010 une revalorisation annuelle au 1er janvier, et non plus au 1er juillet, et la constitution d'une "commission du Smic", composée d'experts qui rendraient un avis consultatif sur "l'évolution souhaitable" du salaire minimum.

Les "critères légaux d'indexation du Smic" sur les prix et les salaires resteraient inchangées.

Ces annonces sont intervenues alors que le gouvernement lançait une campagne publicitaire sur le thème du pouvoir d'achat avec le slogan : "Vous êtes impatients, nous aussi".

Pour cette année, le Smic passera au 1er juillet à 8,71 euros de l'heure, sans coup de pouce du gouvernement, ce qui a été jugé "scandaleux" par la CGT, tandis que FO a souligné "l'inflation des denrées de première nécessité et des transports".

Pour la CFDT, l'augmentation est "très faible" mais "la question très large des salaires ne peut pas se régler par le Smic, ni par un coup de pouce".

Le Smic avait déjà été revalorisé le 1er mai en raison de la flambée des prix, la loi imposant une hausse anticipée du salaire des ouvriers et des employés les moins bien payés quand l'inflation dépasse 2%, ce qui n'était pas arrivé depuis 1996.

Le salaire minimum passera en juillet à 1.321,02 euros brut mensuel pour 35 heures hebdomadaires (1.037,53 euros net). Sur plus de deux millions de personnes payées sur la base du Smic, 900.000 travaillent à temps partiel.

La revalorisation du Smic, calculée chaque année, est égale à l'inflation de l'an passé, plus la moitié du pouvoir d'achat du salaire horaire ouvrier (SHBO). Or, l'inflation a annulé cette année tous les gains du SHBO, du jamais vu depuis 1984-85, selon les experts.

Le 1er juillet, le ministre du Travail et son homologue à l'Economie et l'Emploi Christine Lagarde rencontreront les partenaires sociaux pour discuter de l'avant-projet de réforme qui leur a été transmis lundi.

Une revalorisation du Smic au 1er janvier donnerait "une lisibilité accrue aux partenaires sociaux" dans les branches pour relever les rémunérations minimum prévues dans les conventions collectives, et dans les entreprises pour négocier des augmentations salariales, selon l'exposé des motifs.

M. Bertrand a annoncé le passage du texte en conseil des ministres avant la pause de l'été. "Nous n'oublions rien de nos promesses", a-t-il dit.

La CFTC s'était par avance émue du projet de réforme, rappelant que le Smic est un "instrument de justice sociale" et "doit être fixé par l'Etat, et non par un quelconque comité, sans légitimité démocratique".

Même crainte à la CGT pour qui "les critères d'indexation automatiques du Smic qui sont visés" et la politique du gouvernement contradictoire avec la volonté de Nicolas Sarkozy "que la France qui se lève tôt soit enfin reconnue dans la valeur de son travail".

La CGT est également opposée, contrairement à d'autres syndicats, à la volonté de faire passer l'augmentation du Smic du 1er juillet au 1er janvier.

Selon la CGT, "cela va dans le sens de la volonté du patronat de permettre une annualisation du Smic" afin que son calcul intègre les primes, indemnités, 13ème mois, etc. Le Smic est calculé actuellement sur une stricte base horaire.

n, sans coup de pouce, et devant précéder une réforme du salaire minimum à l'automne.

18.06.2008

Les socialistes ont brillé par leur absence dans le cortège syndical parisien

Promoteurs de la réduction du temps de travail, les responsables socialistes brillaient par leur absence dans le cortège syndical parisien pour la défense des 35 heures, en dépit d'un appel du PS à participer "massivement" aux manifestations.

Comme d'habitude, seule la gauche du parti, avec ses têtes d'affiche, s'était déplacée entre Bastille et les Grands boulevards pour la journée d'action intersyndicale (CGT, CFDT, FSU et Solidaires).

Il s'agissait pourtant de défendre "la réforme la plus emblématique de la gauche", commentait sur place l'eurodéputé Benoît Hamon, dépité - comme le député des Landes Henri Emmanuelli et le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon - devant la "désertion" des socialistes.

Celle-ci était d'autant plus visible que, leur secrétaire nationale Marie-George Buffet en tête, les communistes étaient au côté du mouvement social, arborant le badge de leur parti.

En queue de cortège, une quarantaine de militants du MJS, l'organisation de jeunesse du PS, ont fait ce qu'ils ont pu pour sauver l'honneur socialiste, comme deux des adjoints au maire de Paris, Bruno Julliard, ex-président de l'UNEF, et Pascal Cherki, proches de M. Emmanuelli.

Il y a juste deux semaines, le Bureau national du PS avait appelé à participer "massivement" aux manifestations. La veille, un porte-parole avait laissé prévoir la venue de parlementaires, sans écarter une courte apparition du premier secrétaire François Hollande.

Benoît Hamon ne voyait là qu'"hypocrisie". Pour Jean-Luc Mélenchon, la direction du PS considère les manifestants comme "des pions sur un échiquier".

Au groupe socialiste à l'Assemblée nationale, on expliquait qu'il était "très rare" que des parlementaires se joignent aux cortèges syndicaux. Cette pudeur n'avait pas été de mise, cependant, au printemps 2006, au plus fort des manifestations anti-CPE, en présence de MM. Hollande et Delanoë, entre autres.

"On abandonne les gens. On mérite notre sort, parfois. Il est temps que ça change au PS!", s'agaçait Benoît Hamon, critiquant "ces socialistes qui occupent les médias pour parler d'eux". "Je suis heureux que les salariés se mobilisent mais je ne peux m'empêcher d'avoir une pointe de tristesse", ajoutait l'ex-collaborateur de Martine Aubry dans les années 1997-2000.

De passage à Paris mardi, Mme Aubry, la "dame des 35 heures", n'était pas là non plus.

Venu "recharger les batteries", M. Mélenchon disait en avoir "marre". "Les gens ont l'impression que le PS n'est pas là. Et c'est à moi que les manifestants demandent des comptes!", soupirait l'ancien ministre, appelant les partis de gauche "à donner un coup de main beaucoup plus fort au mouvement social".

M. Emmanuelli souhaitait "qu'à l'Assemblée nationale, on mène un combat exemplaire contre cette régression totale" que représente selon lui la fixation de la durée du travail entreprise par entreprise. "Si le PS échoue à mobiliser toutes ses forces, je crains des lendemains difficiles pour lui", prédisait ce grognard du mitterrandisme.

10.06.2008

Semaine de plus de 48 heures de travail et intérimaires: l'UE arrache un accord

 Les pays de l'UE se sont accordés lundi soir pour resserrer les règles autorisant les salariés à travailler plus de 48 heures par semaine, mais aussi pour redéfinir "les temps de gardes" de diverses professions afin d'échapper à des sanctions de la justice européenne.

"C'est un compromis qui fait sens, qui représente un net progrès social", a estimé le commissaire européen aux Affaires sociales Vladimir Spidla, en rappelant que les règles en vigueur permettent dans les faits d'enchaîner 78 heures de travail par semaine.

"Il est clair que nous avons pu élargir la base de l'Europe sociale", a-t-il commenté, en promettant de plaider pour ces avancées lors du débat qui suivra au Parlement européen.

Selon le compromis accepté par les ministres européens de l'Emploi, la semaine hebdomadaire de 48 heures, déjà gravée dans la législation européenne, reste de mise. Mais la durée maximale hebdomadaire de travail pourra atteindre 60 ou 65 heures pour les employés acceptant, à titre individuel, de déroger aux 48 heures. Ces plafonds pourront être dépassés en cas de conventions collectives.

La dérogation offerte aux employés ("l'opt out" cher aux Britanniques), est encadrée plus strictement, mais non limitée dans le temps, comme le réclame le Parlement européen. D'où la satisfaction de Londres lundi qui a parlé "d'un bon accord".

Cette révision introduit en outre pour la première fois la définition de "périodes de garde inactives", qui pourront ne plus être comptabilisées comme du temps de travail.

Deux arrêts de la justice européenne stipulent que le temps de garde doit être intégralement calculé comme du temps de travail. Or, la majorité des Etats européens sont en infraction en la matière, notamment au sein des professions médicales. Le compromis trouvé retire cette menace.

Outre cette révision, bloquée depuis 2004, les pays européens ont arraché un deuxième accord sur un texte protégeant les travailleurs intérimaires, dans l'impasse depuis 2002.

Il prévoit, dès le premier jour de travail, un même traitement entre intérimaires et employés permanents. Sauf si les partenaires sociaux concluent un accord national sur "un délai de grâce" supérieur, comme c'est le cas au Royaume-Uni.

Ces deux textes sociaux majeurs, liés dans la négociation pour amener les pays à faire des compromis, ont été acceptés "à la majorité qualifiée".

Ils devront encore être approuvés par le Parlement européen, ce qui est loin d'être assuré.

Cinq pays -- l'Espagne, la Belgique, la Grèce, la Hongrie et Chypre-- se sont abstenus sur les propositions sur le temps de travail, les critiquant vivement et appelant à un arbitrage musclé du Parlement.

Au cours d'une séance publique au petit matin, la représentante de l'Espagne a déploré le fait que la dérogation à la semaine hebdomadaire de 48 heures ne soit pas limitée dans le temps, "une marche arrière".

"Ce n'est pas une avancée sociale", a également jugé la ministre belge de l'Emploi Joëlle Milquet.

La France a pour sa part poussé pour un compromis acceptable à l'approche de sa présidence de l'UE qui démarre le 1er juillet.

"L'heure est clairement à la relance de l'Europe sociale", a souligne le ministre français du travail Xavier Bertrand, en notant que les accords trouvés offrent "plus de garanties pour les travailleurs".

"Nous sommes à une étape clef, il en reste une autre, le Parlement, il faut maintenant mobiliser nos efforts", a-t-il insisté.

M. Bertrand a pris le soin de préciser que ces textes ne changeraient pas la situation en France. La nouvelle période "inactive" des temps de garde, sans être du travail effectif, ne sera pas comptabilisée comme du temps de repos, a-t-il stipulé.

08.06.2008

Climat: les Etats-Unis renâclent à l'effort

Le Sénat a rejeté le premier grand projet de loi destiné à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Un texte vigoureusement combattu par George Bush et les industriels de l'automobile.

Le Sénat américain à majorité démocrate vient de rejeter le premier grand projet de loi visant à lutter contre le réchauffement climatique.

Les partisans de ce texte n'ont obtenu que 48 votes contre 36 pour pouvoir clôturer les débats, soit loin des 60 votes nécessaires pour que ce projet de loi puisse être soumis à un vote final, le bloquant de facto.

Ce projet de loi proposé par le républicain John Warner (Virginie), la démocrate Barbara Boxer (Californie) et Joseph Lieberman (Connecticut), un ancien démocrate devenu indépendant, proposait une réduction contraignante des émissions de gaz à effet de serre par la création d'un marché de droits à polluer sur le modèle de celui adopté en Europe pour appliquer le protocole de Kyoto.

Le président George W. Bush avait rejeté ce protocole en faisant valoir que des réductions contraignantes de ces émissions seraient trop pénalisantes pour l'économie américaine en donnant un avantage compétitif notamment à la Chine et à l'Inde qui ne sont pas tenus de respecter Kyoto étant des pays en développement.

George Bush et des industriels dans l'automobile et la production électrique notamment avaient lancé une campagne active ces derniers mois pour faire dérailler ce texte dont les chances d'adoption cette année étaient pourtant jugées très faibles.

Le président américain prône un système de réduction volontaire par les industriels ainsi que le développement de technologies propres permettant de réduire les émissions de ces gaz comme le CO2 (dioxyde de carbone).

01.06.2008

Des "parachutes dorés" dans le quart des sociétés du CAC 40

 Un quart des sociétés du CAC 40 prévoit de verser des "parachutes dorés", ces indemnités payées lors du départ des dirigeants, selon une étude réalisée pour "Le Monde" et publiée dans son édition datée de dimanche et lundi.

La loi TEPA (loi travail, emploi et pouvoi d'achat) d'août 2007 oblige désormais à plus de transparence sur les montants versés. Elle surbordonne également ces indemnités de départ au respect de critères de performance au sein de l'entreprise.

Réalisée par le cabinet de conseil Investorsight, l'étude a recensé 51 "parachutes dorés" soumis au vote des actionnaires lors des assemblées générales de 2008. Au sein du CAC 40, un quart des entreprises prévoient de verses de telles indemnités.

L'étude relève aussi que les dix plus gros "parachutes" --en majorité au sein du CAC 40-- représentent un montant cumulé de 50 millions d'euros.

En tête de liste figurent Gilles Pélisson, directeur général du groupe Accor, ainsi que Patricia Russo, patrone de l'équipementier en télécoms Alcatel-Lucent, avec 6 millions d'euros chacun.

Vendredi, l'assemblée générale d'Alcatel-Lucent a approuvé ces indemnités à une confortable majorité (80,49%), en dépit des critiques des petits actionnaires, mécontents des piètres résultats de la société et du non-paiement, cette année, d'un dividende.

Les 10 ans de la BCE: reconnue par les marchés, mais l'euro toujours mal aimé

En dix ans d'existence, la Banque centrale européenne a gagné ses galons auprès des marchés financiers en imposant l'euro comme alternative au dollar, mais sans parvenir à le faire aimer.

La BCE est né le 1er juin 1998, avec mission d'accompagner le lancement de l'euro sur les marchés six mois plus tard, un pas de géant dans la construction européenne.

Le mérite d'un passage globalement sans douleur à une monnaie unique européenne, aujourd'hui partagée par 15 pays et bientôt 16 avec l'entrée prévue de la Slovaquie début 2009, revient en partie à la "gardienne de l'euro", qui siège à Francfort, capitale allemande de la finance.

Après un début parfois cafouilleux sous la houlette de son premier président Wim Duisenberg, la jeune institution a appris à communiquer avec les marchés. "L'amélioration est plus liée à un processus de connaissance mutuel entre la BCE et les marchés qu'à la transition" entre le Néerlandais et le français Jean-Claude Trichet, indique à l'AFP le chef économiste en Europe de la Bank of America Holger Schmieding.

L'euro s'est de son côté imposé comme deuxième monnaie de réserve derrière le dollar américain. Signe de confiance, entreprises et Etats émettent davantage d'emprunts obligataires en monnaie européenne et on trouve désormais plus d'euros en circulation que de billets verts dans le monde.

Mais faible face au dollar, comme en 2000, ou fort comme aujourd'hui, il reste mal aimé. Difficile de se reconnaître dans une monnaie sans nationalité, et l'union politique de l'Europe n'est pas pour demain.

Un récent sondage montre qu'un Allemand sur trois aspire à un retour du Deutschemark. Et plus de la moitié des Allemands continuent d'associer la devise européenne à un renchérissement du coût de la vie, une impression largement partagée sur le Vieux Continent.

La tentation est grande de s'en prendre à la BCE, qui porte de facto seule la responsabilité de l'euro depuis sa naissance. La France et l'Italie sont revenues régulièrement à la charge ces dix dernières années pour critiquer la politique de l'institution et tenter d'écorner son indépendance, inscrite dans le Traité de Maastricht.

Ils lui reprochent de se préoccuper uniquement de la lutte contre l'inflation, sa mission première selon le traité, sans se soucier des conséquences pour la croissance et les emplois.

"C'est quelque chose de problématique, ces commentaires politiques constants. Cela complique la tâche de la BCE", juge le Suédois Stefan Gerlach, professeur à l'institut pour la stabilité financière et monétaire, dépendant de l'université de Francfort, dans un entretien à l'AFP.

En admettant qu'elle envisage une baisse de taux directeurs lors de sa prochaine réunion, et que la veille un responsable politique lui demande un geste en ce sens, elle ne pourra le faire sans donner l'impression de céder aux exigences politiques, ce qui serait fatal pour sa crédibilité, explique-t-il.

Essayer de communiquer directement avec le public pour contrer les pressions politiques n'apporterait pas grand-chose, selon lui. "Une bonne banque centrale doit rester silencieuse en arrière plan, et travailler correctement". Il est essentiel "d'inspirer confiance".

Mais cela passe par la réalisation des promesses. Et de ce point de vue, elle a échoué, puisqu'elle n'est pas parvenue à maintenir l'inflation légèrement sous les 2% en moyenne lors de la décennie écoulée, souligne-t-il.

"Pour la BCE, l'ambition des dix ans à venir doit être de tenir" son objectif, estime M. Gerlach.

Un vrai défi, compte tenu d'une tendance inflationniste grandissante découlant de la flambée des prix des aliments et des matières premières dans le monde, contre laquelle elle ne peut rien.

30.05.2008

Les prix alimentaires vont rester élevés dans les dix ans à venir, selon la FAO

Les prix agricoles vont demeurer à des niveaux très élevés au cours de la prochaine décennie, même s'ils devraient progressivement redescendre des sommets atteints ces derniers mois, qui ont provoqué des émeutes en Afrique, dans les Caraïbes et en Asie.

Riz, maïs, blé: les prix des denrées alimentaires de base ont récemment battu des records, mais "cette situation ne durera pas", selon une étude conjointe de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l'Organisation des Nations unies pour l'Agriculture (FAO).

Des Indiennes repiquent des plants de riz, le 10 juillet 2007 à Bhongir Mandal, près d'Hyderabad
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La hausse "spectaculaire" des prix observée depuis 2005/2006 tient notamment à une météo peu propice dans les grandes régions de production céréalière, à des stocks mondiaux "peu abondants" ou à la vogue des biocarburants, analysent les deux organisations.

Certains de ces facteurs ayant un "caractère ponctuel", les prix sont "appelés à descendre progressivement", même s'ils "resteront en moyenne plus élevés à moyen terme que pendant la décennie écoulée", ajoute l'étude.

Pour la période 2008-2017, les deux organisations prévoient "une augmentation de 20% environ pour la viande bovine et porcine, de quelque 30% pour le sucre brut et le sucre blanc, de 40% à 60% pour le blé, le maïs et le lait écrémé en poudre", par rapport à la moyenne observée entre 1998 et 2007.

La hausse serait "de plus de 60% pour le beurre et les graines oléagineuses et de plus de 80% pour les huiles végétales".

Evolution du prix du riz, du blé et du maïs entre janvier 2007 et mars 2008
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Car si l'offre devrait être accrue par "l'augmentation ininterrompue des rendements", la demande restera dynamisée par "la modification des pratiques alimentaires, l'urbanisation, l'essor économique et la croissance démographique" dans les pays en développement et la soif de biocarburants.

Le changement climatique pourrait aussi "entraîner des baisses de rendement, et l'amenuisement de l'approvisionnement en eau conduit à prévoir que des régions entières seront abandonnées".

De ce fait, "les marchés céréaliers devraient rester tendus jusqu'en 2017", selon le rapport, pour qui "la production mondiale d'éthanol va marquer des progrès rapides et atteindre quelque 125 milliards de litres en 2017, soit deux fois plus qu'en 2007".

La production mondiale de riz devrait quant à elle "faire un bond de l'ordre de 10% d'ici à la fin de la période 2008-2017.

Si les prix élevés profitent à "beaucoup de producteurs agricoles dans les pays développés comme dans les pays en développement", "bon nombre d'agriculteurs des pays en voie de développement ne sont pas reliés aux marchés et ne tireront gère d'avantages, voire aucun, de la montée actuelle des prix".

Et "pour les pauvres, en particulier dans les zones urbaines des pays en développement importateurs nets de produits alimentaires, la situation va s'aggraver".

L'envolée des prix de l'alimentation et du pétrole a plongé 100 millions de personnes dans la misère, selon la Banque mondiale. Vingt-deux pays, majoritairement africains, sont "particulièrement vulnérables" à cette flambée des prix, selon la FAO.

"Aujourd'hui environ 862 millions de personnes souffrent de la faim et de malnutrition, ce qui souligne la nécessité de réinvestir dans l'agriculture", a renchéri jeudi le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, en présentant le rapport à Paris. "Une action cohérente de la communauté internationale est nécessaire de toute urgence pour faire face à l'impact de la hausse des prix sur les pauvres et les affamés", a-t-il plaidé.

Pour le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, "la solution n'est pas le protectionnisme mais l'ouverture des marchés agricoles et la libération de la capacité productive des agriculteurs qui ont su, à plusieurs reprises déjà, répondre aux incitations du marché".

27.05.2008

Congrès: la gauche du PS s'organise et tiendra des forums régionaux

 Le Nouveau Parti socialiste (NPS, Henri Emmanuelli et Benoît Hamon) engage la bataille du Congrès de novembre sous la bannière «Reconquêtes», en tenant des forums régionaux qui serviront à bâtir sa contribution pour ce rendez-vous triennal.

Huit forums se tiendront en région du 24 mai au 21 juin, «autour de propositionsconcrètessoumisesaudébat»,selon une présentation écrite à la presse. Ils seront animés par Benoît Hamon, député européen, Henri Emmanuelli, député des Landes, Razzye Hammadi, secrétaire national du PS et Bruno Julliard, adjoint au maire de Paris et ex-président de l'UNEF.

Un site internet interactif (www.reconquetes.eu), ouvrant la possibilité de proposer des vidéos, sera ouvert d'ici jeudi.

Le préambule de la contribution, rendu public mercredi, donne les principaux axes des options politiques que la gauche du PS défendra au congrès.

«L'avenir du PS ne peut pas être le passé de la social-démocratie européenne» qui «a enregistré 13 défaites lors des 15 derniers scrutins nationaux» sur le Vieux continent en présentant «une offre politique sociale libérale», affirme le préambule.

«Sans nier la nécessité de l'effort collectif, la gauche ne peut plus se contenter au nom d'une prétendue +responsabilité+ de rejoindre la droite sur le but et le contenu des réformes structurelles, se distinguant seulement sur les dosages ou l'agenda», poursuit le texte.

Pour MM. Emmanuelli, Hamon et leurs amis, il faut «surtout éviter un nouveau congrès de Rennes, qui propose le choc de deux profils sans différence majeure de ligne», une allusion à Bertrand Delanoë et Ségolène Royal.

La contribution du NPS proposera par ailleurs de «promouvoir la préférence communautaire pour lutter contre les délocalisations».

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